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Les Mots Raturés

Interview de Cassandre Lambert : écrivaine à succès de l'Antidote mortel

Dans cette interview, nous revenons sur le parcours de Cassandre Lambert et notamment sur la publication de son premier roman "L'antidote mortel" chez Didier Jeunesse

16 juin 2021 (Updated 22 octobre 2026)
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Aujourd'hui, j'ai le bonheur d'accueillir pour une interview sur le podcast Cassandre Lambert, autrice de L'Antidote Mortel qui vient nous parler de son expérience d'autrice dans le monde de l'édition, notamment avec la parution du premier tome de sa saga chez Didier Jeunesse : comment se passe l'échange avec son éditrice, comment ont été choisis le titre et la couverture, comment s'est fait sa promotion et comment elle gère l'écriture du tome 2.

Cassandre Lambert a depuis donné un cours à l'Académie : Réussir ses interventions scolaires avec Cassandre Lambert

Retranscription de l'épisode

Margot Dessenne

Hey ! Ravie de vous retrouver aujourd’hui pour ce nouvel épisode de podcast. Cette semaine, je suis heureuse et fière d’accueillir une invitée qui est Cassandre Lambert, l’autrice du premier tome de la saga L’Antidote Mortel, qui vient nous parler au départ de son roman, qui va nous le pitcher, nous le raconter, mais surtout de son expérience en maison d’édition traditionnelle, puisqu’elle est éditée chez Didier Jeunesse.

Elle va notamment nous parler de tout ce qui s’est passé, de sa relation avec son éditrice, de comment se passent les corrections quand on est en maison d’édition, de la façon dont on travaille pour construire la couverture d’un roman, pour choisir le bon titre, pour pouvoir… le promouvoir malgré la situation sanitaire actuelle qui limite les dédicaces, qui empêche les salons, et qui donc change totalement la manière de promouvoir un roman pour une maison d’édition.

Bref, elle va nous parler de tout ça, de son expérience en ME, et je vous laisse avec l’interview. J’espère que ça va vous plaire, et je vous retrouve à la fin.

Hello Cassandre, je suis ravie de te retrouver pour ce nouvel épisode de podcast, et je suis plus que ravie de t’accueillir dans cet épisode d’aujourd’hui. Bonjour !

Cassandre Lambert

Bonjour, merci beaucoup pour l’invitation, ça me fait super plaisir d’être là.

Margot Dessenne

Le plaisir est partagé. Est-ce que tu veux bien commencer par te présenter pour tous les auditeurs qui ne te connaîtraient pas ?

Cassandre Lambert

Oui, bien sûr. Je m’appelle Cassandra Lambert, j’ai 20 ans, je suis étudiante en 3e année de droit et je suis aussi l’autrice de L’Antidote Mortel, qui est mon premier roman publié chez Didier Jeunesse. Et à côté de ça, je fais beaucoup de sport, je lis énormément et je fais aussi un peu d’aquarelle pour mes passions principales.

Margot Dessenne

Oui, j’ai vu que tu étais très sportive d’ailleurs.

Cassandre Lambert

Oui.

Comment Cassandre Lambert a commencé à écrire des romans

Margot Dessenne

Et est-ce que tu veux bien nous parler un petit peu de L’Antidote Mortel pour qu’on puisse savoir de quoi ça parle ? Comment ça t’est venu l’idée d’écrire ce roman en particulier ? Et combien de temps tu as pris pour l’écrire ?

Cassandre Lambert

Alors, L’Antidote Mortel, l'idée, ça m'est venu pendant un trajet en voiture, un long trajet en voiture, où je m'ennuyais un peu. Et du coup, j'écris depuis toute petite et du coup, j'ai pris un petit peu le réflexe à chaque fois que je m'ennuie. Je m'imagine des petites histoires dans ma tête, je me fais des films.

Et du coup, voilà, je réfléchissais, je rêvais un peu et j'ai commencé à avoir l'idée d'un personnage en particulier, le personnage d'Eden. qui m'est apparue super clairement et à partir de ce personnage j'ai greffé toute l'intrigue autour et voilà c'est comme ça que c'est apparu et après j'ai commencé à me dire, mais pourquoi ne pas en faire un roman en fait et je me suis dit en plus la fantaisie c'est quelque chose que je n’ai jamais fait et c'est vraiment un univers où on est libre, on peut créer ses propres règles de magie son propre univers, sa propre carte, tout ça donc ça m'intéressait vraiment d'écrire de la fantaisie

Et du coup, je me suis lancée tout de suite après. Et du coup, j'ai mis un an à l'écrire, à écrire le premier jet. Et ensuite, il y a eu six mois de correction, de relecture et de réécriture.

Margot Dessenne

Oui, tu as été très rapide en fait. Parce que je sais que tu es étudiante en droit. Et comment ça se fait ? Comment tu as réussi à mener un peu toutes ces vies de front ? Parce que tu fais plein de choses en fait.

Cassandre Lambert

Oui, c'est sûr. Oui, je l'écris plutôt rapidement. Après, j'ai commencé l'écriture, j'étais au lycée, donc j'avais pas encore le rythme d'étudiante en droit, donc déjà ça me laissait un peu plus de temps pour écrire. Et ensuite, comment j'accorde les deux ? C'est sûr que je laisse un peu de côté les études en droit pour pouvoir écrire, pour pouvoir faire toutes mes passions à côté. J'essaye de partager mon temps, mais souvent l'écriture ça prend le dessus sur les études, c'est sûr.

Margot Dessenne

Je comprends totalement. Oui, j'ai vu ça dans tes stories récemment. Bizarrement, l'écriture, c'est plutôt une priorité, non ?

Cassandre Lambert

Oui, clairement. La révision des partiels et les corrections en même temps, je choisis les corrections le plus souvent.

De quoi parle L'Antidote Mortel de Cassandre Lambert ?

Margot Dessenne

Je comprends, je comprends vraiment pour le coup. Est-ce que tu pourrais nous pitcher vraiment L'Antidote Mortel pour vraiment nous parler de l'histoire en tant que telle et pour nous mettre l'eau à la bouche, que ceux qui nous écoutent aient envie de l'acheter et de le lire ?

Cassandre Lambert

OK, il faut savoir que je suis très nulle pour pitcher mes romans. À chaque fois qu'on me demande un résumé, je suis là, je me décompose, mais je vais faire un effort.

L'Antidote Mortel, c'est un roman de fantasy qui raconte l'histoire de trois personnages aux destins liés. En premier, on a Whisper qui est une princesse surprotégée par son papa, qui n'a jamais mis un pied en dehors du palais royal et dont la vie va changer du tout au tout quand elle va décider de fuir le palais royal pour échapper à un mariage forcé.

En deuxième, on a Eden, qui est une orpheline, qui vit dans un orphelinat depuis la mort de ses parents, et qui n'a qu'un seul objectif, c'est venger la mort de son papa, qui était un célèbre inventeur, qui a été assassiné par le roi.

Et en troisième, on a Jadis un paysan, qui a toujours été un petit peu marginalisé et moqué à cause d'étranges tâches qui parcourent son corps. Il ne sait pas du tout d'où ces tâches viennent. Mais lui aussi, sa vie va changer du tout au tout. Quand sa tante va lui confier la mission d'apporter l'antidote qui est censée sauver la reine souffrante. Puisque la reine est atteinte d'une terrible maladie.

Personne ne sait d'où ça vient, pourquoi elle est malade. Mais le roi va lancer un appel au secours à la population, il va autoriser n'importe qui à venir au palais pour apporter un antidote à la reine. Et du coup la tante de Jadis va lui donner l'antidote et va lui confier la mission d'aller au palais pour sauver la reine.

Et donc forcément, leurs routes vont se croiser et ils vont apprendre à se connaître. Il va y avoir des mystères, des secrets, beaucoup de rebondissements, beaucoup d'aventures. C'est vraiment un roman d’aventures dans le sens où l'action s'enchaîne, ils n'ont vraiment pas le temps de souffler. Et voilà, je n’en dirais pas plus. Il faut lire les livres pour découvrir tout ça.

Margot Dessenne

OK, ça me paraît très très bien comme pitch. Il n'y a pas de souci avec ça.

Cassandre Lambert

Merci !

Comment Cassandre Lambert a-t-elle choisi les prénoms de ses personnages ?

Margot Dessenne

Et j'ai vu rapidement sur Instagram que tous tes prénoms de personnages étaient liés un peu à leur histoire, à leur personnalité, tout ça ?

Cassandre Lambert

Oui c'est sûr, j'ai pris grand soin de donner… enfin j'ai beaucoup réfléchi avant de donner les prénoms à mes personnages parce que pour moi c'est super important pour pouvoir se rappeler d'eux, pour pouvoir bien les imaginer, les identifier.

Et du coup, Whisper, en anglais, ça veut dire murmure. Et je trouve que ça correspond super bien à ce personnage qui est très fragile, très naïve. Personne ne sait qu'elle existe puisque son père cache son existence pour la protéger. Du coup, même elle vit au Palais Royal, mais elle n'a pas le droit d'assister à des... Enfin, elle n'a pas le droit de voir d'autres personnes ou de parler à d'autres personnes. Et du coup, c'est un peu un fantôme dans sa propre maison. Et elle a aussi une santé très fragile. Du coup, elle ne peut pas vraiment faire d'activité sportive. Elle tombe malade très rapidement. Du coup, je trouve que ça correspond vraiment bien à sa personnalité, à sa constitution fragile, tout ça.

Ensuite, Jadis, j'ai vraiment flashé sur la sonorité du prénom. Parce que je trouve que c'est très doux. Ça sonne vraiment bien. Et aussi, c'est en référence à son intrigue, puisqu'au final, toute son intrigue, à Jadis, tourne autour d'un événement qui s'est passé. C'est toujours en fonction d'un mystère qui s'est passé bien avant sa naissance ou juste pendant sa naissance. Du coup, c'est en référence à son passé, tout simplement. Et je trouvais ça intéressant de mettre ça en avant.

Et ensuite, Eden, là, c'est plutôt ironique parce qu’Eden, ça veut dire le paradis. Le délice en hébreu, ça veut dire délice. Alors que cette fille au final c'est tout le contraire puisque depuis la mort de ses parents elle est vraiment brisée. Et elle a vraiment un objectif horrible qui est d'assassiner quand même toute une famille. Donc c'est vraiment l'opposé de son prénom. Et je pense que je voulais marquer aussi la différence parce qu'au final Eden c'est un prénom qu'elle portait très bien quand elle vivait entourée de l'amour de ses parents. Tout ça, elle correspondait vraiment à Eden. Et maintenant, c'est un petit peu l'inverse. C'est la face cachée du personnage qui a vraiment un dessein super sombre dans le premier tome.

Quelles sont les inspirations de Cassandre Lambert pour écrire un roman ?

Margot Dessenne

OK. OK, franchement, je trouve ça ultraintéressant d'avoir relié comme ça les prénoms et la représentation du personnage comme ça, et même d'être un peu ironique, c'est super intéressant. Dis-moi, est-ce que tu as eu des inspirations au moment d'écrire ton roman, des univers qui t'ont inspiré, des mythes qui t'ont inspiré, pour qu'on reprenne un petit peu vraiment l'univers global de ton roman ?

Cassandre Lambert

C'est sûr que je me suis... Je m'inspire au quotidien de beaucoup de choses, de séries, de films, de mes lectures forcément. Même je pense inconsciemment, j'ai lu énormément de livres, du coup inconsciemment, les schémas qui m'ont vraiment plu dans les livres que j'ai lus, j'ai tendance à les reproduire au moment de l'écriture, que ce soit conscient ou inconscient. Et donc ça c'est une chose.

Il y a aussi les Disney, parce que je suis une grande fan des dessins animés Disney. Il y a d'ailleurs pas mal de références dans l'Antidote mortel, il y a des références à la Belle et la Bête, à Star Wars, même aux jeux vidéo World of Warcraft. C'est un petit clin d'œil. Pour l'instant, personne n'a trouvé cette référence-là, mais il y en a une. J'essaye de mettre des petits clins d'œil comme ça à tout ce qui m'inspire au quotidien.

Margot Dessenne

C'est bien. Je pense qu'on le fait tous un peu naturellement. C'est intéressant de savoir quelles sont les références des autres, finalement. Parce que... Ça en dit beaucoup en fait sur tout ce qu'a pu voir et écouter et lire l'auteur finalement pour arriver à créer lui-même son propre univers. Parce que forcément on pioche tous des choses malgré nous presque parfois. Ou parfois avec évidence là comme par exemple avec ta référence à World of Warcraft. Et j'espère que quelqu'un trouvera. Sinon ce n’est pas très drôle, mais c'est plus marrant quand les gens arrivent à trouver tes références.

Cassandre Lambert

C'est sûr ouais c'est sûr.

Pourquoi Cassandre Lambert a-t-elle choisi de publier son roman en maison d'édition ?

Margot Dessenne

Et alors... J'ai vu ton premier roman, L'Antidote Mortel, qui est sorti très très récemment et qui est publié chez Didier Jeunesse. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu pourquoi tu as choisi de passer par une maison d'édition traditionnelle et comment s'est fait tout ce choix pour toi dans le cas de L'Antidote Mortel ?

Cassandre Lambert

Il faut savoir que pour moi, mes écrits ne valaient vraiment rien. Pour moi, en ce que j'écrivais, je n'avais aucune confiance en ce que j'écrivais. Tout était nul. Et du coup... J'avais envie de publier, enfin pour moi c'était un rêve de réussir à publier un livre, mais je n'avais pas la confiance.

Je pense que pour être auteur auto-édité, il faut vraiment avoir confiance en son texte, mine de rien. Il faut y croire, il faut faire toutes les corrections, il faut faire la couverture, tout ça. Et moi, je n'avais aucune notion. Je ne suis pas illustratrice, je ne suis pas graphiste, donc c'est super compliqué. Et j'avais besoin de l'approbation, je pense, d'une maison d'édition. J'avais besoin qu'un professionnel me dise : "Là, ce que tu fais, c'est bien." pour croire moi-même en mon histoire. Ce qui est bête parce qu'au final, mon histoire, elle ne vaut pas mieux en étant publiée en maison d'édition que si moi, je l'avais autopubliée. Mais je n'avais tellement pas confiance que pour moi, l'autopublication, ce n'était même pas une option.

Je me disais : "Il faut que quelqu'un me prenne par la main" et me dise :"Oui, ce que tu as fait, c'est bien. Bravo, on va publier". Et moi, je n'avais pas la confiance. Après, peut-être que dans 5 ou 10 ans... Si la confiance serait peut-être venue après, je me serais dit, là, je prends les choses en main. J'ai envie que mon roman soit publié, donc je vais le faire. Mais là, j'avais 18 ans, 19 ans. Même maintenant, je n'ai pas assez confiance en mes textes pour me lancer toute seule.

Margot Dessenne

Je comprends. En fait, tu avais besoin un peu d'une validation là-dessus.

Cassandre Lambert

C'est ça. J'avais besoin de l'approbation, clairement.

Margot Dessenne

OK, d'accord. Je vois totalement ce que tu veux dire. C'est vrai que c'est compliqué de se vendre parce que c'est vrai qu'en auto-édition, il faut se vendre si on n'est pas encore parfaitement à l'aise avec soi-même et en totale confiance avec le produit qu'on vend. Parce que finalement, une fois qu'on est auto-édité, on vend un produit qui est son roman, c'est super, mais il faut avoir un peu de force là-dessus. C'est vrai que c'est admirable ce qu'ils font quand c'est comme ça.

Cassandre Lambert

C'est exactement ça, c'est pour ça que vraiment je suis en totale admiration pour ces auteurs auto-édités, enfin ils font tout tout seuls de A à Z, même la communication, enfin vraiment c'est fou.

Comment envoyer son roman en maison d'édition ?

Margot Dessenne

Oui, c'est vrai que c'est fou. Et donc du coup, toi tu as choisi une maison d'édition traditionnelle, qui pour rappel n'est pas un mauvais choix, c'est un choix totalement différent, ça n'implique pas la même chose, et je trouve que les deux choix sont très valides. Et comment tu as fait du coup toi pour choisir ta maison d'édition, et quelles ont été tes étapes pour envoyer ton roman ?

Cassandre Lambert

Alors moi, pour choisir ma maison d'édition, j'ai essayé de voir vraiment les maisons qui publiaient le genre de mon roman. et j'ai essayé de regarder un petit peu les catalogues, ce qui a déjà été publié dans les maisons et après je me suis dit bon bah c'est mon premier envoi donc autant viser haut entre guillemets enfin mes maisons préférées, même si elles sélectionnent pas beaucoup de manuscrits par an que ça peut paraître un rêve, mais je me suis dit bon je fais les grandes maisons, celles qui me tentent le plus et après on verra.

Du coup j'ai envoyé à 5-6 maisons d'édition, pas tant que ça finalement Et j'ai vraiment sélectionné en fonction du catalogue, est-ce que mon roman peut correspondre à cette maison ? Est-ce qu'il y a déjà des histoires qui ressemblent à mon livre qui ont été publiées ? Parce que du coup, il y a moyen que ça les intéresse moins s'ils ont déjà publié une histoire similaire, etc. Et j'ai regardé ça et après, je me suis lancée. ne

Et j'ai eu la réponse du coup, 4 mois plus tard, donc une réponse positive de Didier Jeunesse.

Margot Dessenne

Ça n'a pas été trop long, 4 mois ?

Cassandre Lambert

C'était long, mais en même temps, j'y croyais tellement pas que je me suis dit, de toute façon, je ne vais jamais avoir de réponse, j'envoie et puis basta, quoi.

Margot Dessenne

OK, je comprends. Et du coup, pour l'envoi, tu avais fait quoi ? Tu avais fait un synopsis complet ? Tu avais fait une présentation de qui tu étais ? Tu avais peut-être parlé de tes réseaux ? Comment tu t'es présentée, toi, en tant qu'autrice et comment tu as présenté ton roman ?

Cassandre Lambert

Je n'ai pas parlé de mon compte Instagram. J'ai juste envoyé un synopsis, un résumé et une petite lettre, une mini-biographie où je me présentais, je disais mon âge, mes passions, tout ça. Et voilà, c'est tout.

Je n'ai pas parlé de mes réseaux sociaux parce que, à l'époque, je n'avais pas énormément d'abonnés. Pour moi, ce n'était pas essentiel d'être sur les réseaux. Maintenant, je vois que ça sert à quelque chose d'avoir... Des gens qui nous suivent déjà parce que forcément pour la promotion, ça aide beaucoup.

Mais à l'époque, je ne voyais pas du tout mon compte Instagram comme un outil de communication. J'étais juste en mode, je parle de mes lectures, j'aime bien, mais je ne pensais pas du tout que ça pourrait les intéresser en fait.

Margot Dessenne

D'accord. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, là si tu devais republier un roman, peut-être que tu en parlerais. Si tu devais changer de maison d'édition pour un autre roman.

Cassandre Lambert

Oui, oui, maintenant je vois que ça peut... que ça peut intéresser les maisons d'édition mine de rien, donc c'est sûr que je le mentionnerai.

Comprendre un contrat d'édition

Margot Dessenne

OK, d'accord. Et par rapport à tout ça, on reste encore au moment du choix de maison d'édition. Est-ce qu'en tant qu'étudiante en droit, ça a été plus facile pour toi de comprendre ton contrat d'édition ? Ou alors est-ce que tu es passée par quelqu'un qui t'a fait une relecture ? Est-ce que tu as des conseils à donner là-dessus ?

Cassandre Lambert

C'était pas franchement évident, même si je suis étudiante en droit. C'est vrai que j'ai un peu travaillé le droit des contrats, mais c'est un contrat spécifique, le contrat d'édition, donc ce n'est pas quelque chose qu'on étudie vraiment en détail. Donc c'était compliqué pour moi aussi.

Je l'ai donné à ma maman pour qu'elle le lise et qu'elle me donne son avis. J'ai cherché sur Internet aussi toutes les clauses qu'il pourrait y avoir, ce qu'il faut faire attention dans un contrat d'édition. Est-ce qu'on peut le négocier ? Tout ça, tout ça. J'ai regardé aussi, enfin j'ai écouté le podcast LICARES, qui donne pas mal de conseils là-dessus. Donc ça m'a beaucoup aidée.

Et voilà, après, si j'avais la moindre question, j'aurais pu demander à mon éditrice, parce qu'elle est très ouverte là-dessus. Donc elle aurait pu m'aiguiller sans souci. J'avais confiance dès le début dans ma maison d'édition, parce que... Elle m'a, enfin, Mélanie, mon éditrice, elle m'a vraiment mis à l'aise tout de suite. Du coup, je savais que je pouvais compter sur elle et j'avais confiance au contrat. C'est peut-être pas ce qu'il faut dire parce qu'il faut toujours le vérifier et voilà. Mais je me disais, bon, c'est Didier Jeunesse. Je ne pense pas qu'il va y avoir des clauses abusives, ce genre de choses.

L'éditrice de Cassandre Lambert chez Didier Jeunesse

Margot Dessenne

Oui, je vois. Et c'est super d'avoir cette relation de confiance avec ton éditrice. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu ? Comment est-ce qu'elle t'a accompagnée dans les corrections, dans le choix d'outils, dans la couverture ? Comment elle t'accompagne au quotidien en tant qu'éditrice, justement ?

Cassandre Lambert

Franchement, elle est super. C'est le moment où je fais de la pub pour ma maison d'édition. Mais non, franchement, dès le début, elle m'a mis à l'aise. J'ai rencontré toute l'équipe à Paris. Du coup, j'ai fait un petit séjour à Paris au début pour qu'on puisse se parler à vive voix. Rien que mettre un visage sur... Sur un nom et sur une voix, ça aide vraiment à se sentir plus proche de la personne. Du coup, on s'est rencontrés très tôt.

Et ensuite, on s'appelle souvent, on se donne des coups de fil, tout ça. Pour les corrections, on travaille sur Word avec l'onglet Révision. Elle fait une partie, par exemple 100 pages de correction. Elle m'y envoie. Ensuite, j'accepte ou je refuse. Je fais mes petites modifications à mon tour. Et je le renvoie, c'est un peu un ping-pong comme ça, on fait pas mal de... de vagues de corrections.

Et donc, pour le titre, c'est moi qui l'ai décidé. Et c'est celui que j'avais noté en envoyant le manuscrit et il ne l'a pas changé. Et pour le tome 2, c'est un peu différent parce que moi-même, je n'étais pas sûre de mon titre. J'avais des hésitations. Et du coup, là, elle m'a fait des propositions. On en a discuté. Au final, on a convenu d'un titre un peu ensemble.

Et la couverture, là aussi j'ai eu mon mot à dire, dans le sens où Mélanie, mon éditrice, elle m'a dit, bon voilà les illustrateurs avec qui on a l'habitude de travailler chez Didier Jeunesse, elle m'a dit, voici leur site internet, donc regarde quel style tu préfères, est-ce que tu aimes bien cette façon, les couleurs, parce que chaque illustrateur a finalement un style bien à eux. Du coup, j'ai regardé ce qu'elle proposait.

Et après, j'ai eu un petit coup de cœur sur Germain Barthélémy, qui est l'illustrateur de L'Antidote Mortel. Et après, du coup, on a choisi Germain. Et on faisait pareil, on faisait des ping-pongs. Il envoyait des petites esquisses au début. Après, moi, je disais, ça, je n'aime pas trop. Cette police, ce n'est pas très lisible. Et après, Mélanie, elle disait, oui, et ça non plus, ce n'est pas très bien, machin. Et au fur et à mesure, en parlant, ça s'est précisé et on a eu la couverture finale.

Donc c'était vraiment une collaboration du début à la fin. À chaque fois, elle m'envoyait la nouvelle couverture, elle me disait Et celle-là, qu'est-ce que tu en penses ? Et est-ce que tu aimes mieux celle-là ou celle d'avant ? Enfin vraiment, j'ai vraiment pu suivre le processus de A à Z, donc c'était trop bien.

Margot Dessenne

Oui, j'avoue, c'est vraiment super d'avoir une telle relation parce que j'ai eu des échos de relations avec des maisons d'édition où effectivement, l'auteur avait un petit peu moins le choix. Mais là, c'est vraiment super d'avoir été totalement inclus dans tous les choix de ton roman. Je trouve ça génial. Et bravo à ton éditrice, à Didier Jeunesse. Si tout se pouvait être comme ça, ce serait parfait. Et surtout...

Cassandre Lambert

Ouais, ouais, mais vraiment, c'était super.

Margot Dessenne

Oui, c'est super. Franchement, c'est cool d'entendre ce genre de témoignages. Mais surtout un peu dans ce contexte... J'ai envie de dire sanitaire qui fait qu'on est un peu tous stressés. Se sentir rassurée et accompagnée par sa maison d'édition, même dans des périodes si compliquées, je trouve ça super.

Cassandre Lambert

C'est sûr. Vraiment, je n'aurais pas pu rêver mieux comme première expérience.

L'Antidote Mortel : sortie d'un roman en pleine pandémie

Margot Dessenne

Tu m'étonnes. J'espère que tous les auteurs ont une telle expérience en ME, aussi bonne en tout cas. Justement, je me posais la question. Vous avez décidé de sortir le roman en ce moment. Donc en pleine crise sanitaire, est-ce que ça ne pose pas de problème au niveau de la promotion ? Parce qu'il n'y a pas de salon, il n'y a pas forcément de séance de dédicaces comme on pourrait le faire habituellement.

Est-ce que ça n'a pas eu des appréhensions ? J'ai aussi vu que vous avez sorti des box, donc qu'est-ce qui s'est passé du coup pour cette promotion qui va forcément être différente de ce que tu aurais pu faire en temps normal ?

Cassandre Lambert

C'est sûr, ça m'a fait peur. Je me suis dit, s'il y a un confinement, comment ça va se passer, machin. Mais au final, les librairies, elles sont considérées comme des commerces essentiels. Donc déjà, ça, ça m'a vraiment rassurée dans le sens où, bon, on va quand même pouvoir aller en librairie. Moi, je vais pouvoir voir mon livre en librairie. Et déjà, rien que ça, j'étais déjà super contente.

Et après, c'est sûr, j'avais plusieurs séances de dédicaces programmées qui ont été repoussées. Au final, ce n'est pas annulé. Je sais que je les ferai dans les mois qui viennent. Donc, j'essaye de voir le positif, c'est sûr. Et après, pour la promotion, franchement, encore une fois, c'est ouf, je fais la pub de ma maison d'édition.

Encore une fois, c'était fou parce que l'idée des box, ce n'était pas mon idée. C'était vraiment la maison d'édition qui a tout fait de A à Z. Ils ont dit, on veut marquer le coup pour ton livre, on y croit, on va tout faire pour que ça marche. Donc, on va même faire une box avec... plein de goodies avec un poster, une fiole avec du sirop à la violette pour rappeler du coup L'Antidote Mortel, des bougies, des gâteaux avec le titre de mon roman dessus, enfin franchement c'était fou et ouais ils ont vraiment tout fait pour que ça marche, ils ont essayé de faire des concours tout ça donc la communication même moi j'étais choquée, je me suis dit, mais c'est trop bien !

Margot Dessenne

C'est super, j'ai vu que ça avait été envoyé à plein de monde sur Insta, donc je me dis, waouh, ils ont vraiment mis le paquet. Encore une fois, il y a beaucoup de ME qui font un super boulot promotion, mais toutes les ME ne vont pas jusque là pour promouvoir les romans, et c'est vraiment admirable de voir tout le boulot qui a été fait pour le tien.

Cassandre Lambert

Ouais, c'est sûr, c'est sûr.

Margot Dessenne

C'est trop mignon parce que je te vois, tu as vraiment un visage de joie. Quand tu parles de ton roman, de ta ME, tu es illuminée de la joie. C'est super mignon à regarder. Désolée pour tous ceux qui écouteront le podcast et qui ne pourront pas voir ça. Mais franchement, ça fait plaisir d'avoir quelqu'un en phase avec son projet et avec les personnes qui l'ont accompagné dans son projet. Ça fait plaisir.

Cassandre Lambert

Oui, vraiment, en même temps, je ne peux qu’être contente quand je vois tout ce qui se passe et comment mon livre a été accueilli. Enfin, c'est ouf.

L'écriture du tome 2 de L'Antidote Mortel : Le Casque Maléfique

Margot Dessenne

Oui, et justement, tout à l'heure, tu me parlais de ton tome 2. Est-ce que tu peux nous en parler un peu ? Est-ce que tu avais décidé de certaines deadlines avec Didier Jeunesse ? Est-ce qu'il te guide dans ton écriture ? Ou alors, il te dit, OK, ça doit être prêt pour tel mois. Et jusque-là, nous, on te laisse tranquille, tu écris et on voit après. Comment ça se passe ?

Cassandre Lambert

Ils ne m'ont pas du tout guidée dans l'écriture du tome 2. Il faut savoir que quand j'ai envoyé le tome 1, j'avais déjà écrit la moitié du tome 2 à peu près. Et du coup, on était vachement pris dans la promotion et la sortie du tome 1. Donc elle m'a juste dit, on en reparle tel mois et on verra où tu en es dans l'écriture.

Et du coup, moi, c'était super stressant. Je me suis dit, oh la la, le tome 1, il est publié, donc le 2, il faut qu'il soit aussi bien. Donc franchement, je me suis mis une pression de malade. Donc je me suis dit, OK, il faut que je l'écrive plutôt rapidement parce que sinon, je vais me prendre la tête et je vais trop réfléchir et je ne vais jamais réussir à l'écrire.

Du coup, j'ai essayé de me dire, bon, fais comme s'il n'était pas publié aussi et juste écris ton roman comme le tome 1. Et c'est vrai que c'était super stressant, d'autant plus que j'ai signé le contrat pour le tome 2, alors qu'en fait, elle ne l'avait même pas lu. Enfin, personne ne l'avait lu. J'ai juste envoyé un synopsis, un synopsis plus ou moins détaillé, parce que moi-même, la fin, c'était vague. Je ne savais pas trop comment j'allais clôturer ça.

Donc j'ai envoyé un synopsis. Elle m'a dit : "Bon, t'as l'air de savoir ce que tu fais. Vas-y, écris-le." On en reparle, machin. il y a un mois à peu près. Et donc, pour l'écriture, je suis totalement libre. Et après, c'est pour les corrections. Là, forcément, elle va venir le corriger. Donc forcément, il va y avoir des modifications. Et pour les deadlines, j'ai des deadlines.

En fait, elle ne m'a même pas imposé de deadline. C'est moi qui lui ai dit, est-ce que tu peux me mettre une deadline, s'il te plaît ? Parce que j'arrive mieux à m'organiser et j'arrive mieux à me... Ouais, voilà, à m'organiser, à me motiver, en fait. Du coup, je lui ai dit, donne-moi une deadline. On verra s'il y arrive ou pas, mais donne-moi quelque chose. Et du coup, là, elle m'a dit, ce serait bien pour fin mai que tu finisses la première salle de correction parce qu'après, il va y avoir plusieurs rounds de correction. Du coup, voilà. Donc, il y a des deadlines, mais c'est un peu moi qui les demande.

Cassandre Lambert : soutenue par sa maman dans son écriture

Margot Dessenne

Je comprends totalement. Les deadlines, ça marche, du feu de Dieu. Du coup, est-ce que c'est... Elle qui est ta première bêta-lectrice ? Ou alors, tu as quand même fait plusieurs réécritures entre temps, donc tu as d'autres bêta-lecteurs, bêta-lectrices qui lisent ton roman, qui lisent ton tome 2, qui t'aident en fait dans la réécriture ?

Cassandre Lambert

Je n'ai pas vraiment de bêta-lecteur. J'ai ma maman qui a lu le tome 2 avant que je l'envoie à Mélanie, à mon éditrice. Mais... C'est un peu tout. Sinon, j'ai mon frère et j'ai mon oncle aussi qui lisent le manuscrit. Mais par exemple, ils ont fini de le lire alors que je l'avais déjà envoyé à mon éditrice. Du coup, ils me font des retours, mais je suis là, j'ai déjà envoyé le manuscrit. C'est trop tard en fait, il fallait le lire plus vite. Donc je n'ai pas vraiment de bêta-lecteur au final, à part ma maman qui essaye de le lire plutôt rapidement. Mais sinon, je travaille un peu en solo là-dessus. J'ai pas vraiment de retour avant ma maison d'édition.

Margot Dessenne

OK, c'est super intéressant. D'ailleurs, j'ai vu que ta maman, elle te soutenait beaucoup dans toute cette aventure. C'est elle qui te croit le plus en toi, non ?

Cassandre Lambert

Oui, oui, oui, c'est sûr. C'est elle qui m'a incité à envoyer mon manuscrit parce que moi, j'avais déjà envoyé un manuscrit. Donc, quand j'avais 15 ans, j'avais écrit un livre et que j'avais envoyé à des maisons d'édition et j'ai eu que des refus. Du coup, j'avais un peu perdu l'espoir. Je me disais bon, je ne vais jamais être publiée. Et ma mère, elle m'a dit : "Mais non, vas-y, tente le coup, celui-là. J'y crois, il a du potentiel, vas-y."

Donc elle était vraiment à côté de moi. Elle m'a aidée à sélectionner un peu les maisons. Enfin, elle m'a motivée. Elle a une grande part de responsabilité dans mon envoi de manuscrits.

Margot Dessenne

Ça, c'est vraiment super. Et c'est vrai qu'il faut le rappeler qu'on n'est pas forcément publié dès son premier roman et qu'on peut recevoir des refus. et que c'est pas pour autant qu'on n'ait jamais publié après.

Cassandre Lambert

Ben c'est clair, là mes lettres de refus, je les ai gardées très précieusement, et je les regarde et je suis là, tout le chemin que j'ai parcouru.

Cassandre Lambert : son plus beau souvenir lié à L'Antidote Mortel

Margot Dessenne

C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. Et justement dans tout ce chemin, dans toute cette aventure, toi, c'est quoi là, actuellement, à cet instant T, ton plus beau souvenir, de tout ce que tu viens de vivre par rapport à ton roman et à ton écriture ?

Cassandre Lambert

Le plus beau souvenir, je crois, c'est quand... Quand j'ai reçu mes exemplaires auteurs de L'Antidote Mortel, et que j'ai pu mettre mon propre livre dans ma bibliothèque, c'était juste fou parce que ma bibliothèque, c'est vraiment ce qui compte le plus pour moi en termes de biens matériels, entre guillemets. Vraiment, je la bichonne, j'en prends soin, tout ça, tout ça, je la regarde tous les jours, je suis là, je suis trop contente.

Et du coup, le fait de pouvoir glisser mon livre à côté de tous ces livres, que j'ai tellement aimé, qui m'ont façonné. Les livres, ça a vraiment une place hyper importante dans ma vie. Donc, voir mon livre à côté des autres, version papier, pouvoir le toucher, le renifler, tout ça, c'était vraiment ouf. Et là, il est dans ma bibliothèque et à chaque fois, je le regarde et je suis toujours aussi contente. Donc, ça, c'est vraiment le plus beau souvenir.

Margot Dessenne

Je valide ce souvenir.

Cassandre Lambert

Oui, toi, tu connais.

Les futurs romans et projets de Cassandre Lambert

Margot Dessenne

Mais du coup, là maintenant qu'on a fait ton plus beau souvenir à l'instant T, ce serait quoi maintenant ton prochain objectif en tant qu'autrice pour les mois ou les années à venir ?

Cassandre Lambert

J'ai beaucoup de projets, mais en même temps pas mal de stress parce que je me dis, j'ai eu un roman publié, du coup bientôt deux, et je me dis est-ce que ce que je vais écrire ça va être aussi bon que... que ce que j'ai fait jusqu'à maintenant. C'est énormément de pression. Mais là, j'aimerais bien déjà réussir à boucler les corrections du tome 2 pour qu'il sorte en septembre, parce qu'il est prévu le 22 septembre et que tout se passe bien de ce niveau-là.

Après, j'aimerais bien aussi écrire un spin-off sur un des personnages de L'Antidote Mortel que j'aime beaucoup. Et après, j'ai plein d'idées de romans à côté de ça.

J'ai envie d'écrire une dystopie matriarcale (note postérieure : L'Empire des Femmes), j'ai envie d'écrire une romance contemporaine (note postérieure : Celle que je cherchais), enfin j'ai pas mal d'idées comme ça, mais il faut que j'arrive à me à me cadrer parce que je peux pas tout faire en même temps donc faut que je m'organise.

Et aussi du coup les poèmes parce que j'ai écrit deux recueils de poésie donc il y a à peu près 100 poèmes dans chaque recueil et ça c'est pareil j'avais zéro confiance en mes poèmes et j'ai participé à un concours de poésie il y a 3-4 mois c'est le concours Paul Verlaine. Et du coup, j'ai été lauréate, j'ai appris il y a une semaine, j'ai été lauréate de ce concours pour un des poèmes que j'avais envoyés. Et du coup, ça m'a vraiment donné confiance et je me suis dit, encore une fois, j'avais besoin de l'approbation, malheureusement. Et je me suis dit, pourquoi pas faire quelque chose avec ces poèmes ? Pourquoi pas ? Didier Jeunesse ne publie pas de poésie, mais pourquoi pas envoyer à quelqu'un d'autre ? Donc je garde ça dans un coin de ma tête et je verrai après ce qui se passe.

Margot Dessenne

OK, d'accord. Et ça paraît très bien. Et oui, j'avais vu pour ton concours de poésie, félicitations. Franchement, c'est super de réussir ça, d'être lauréat d'un concours. Et d'ailleurs, n'hésitez pas à écrire de la poésie, c'est vraiment trop cool la poésie. Et je trouve que c'est pas encore assez valorisé.

Cassandre Lambert

Je confirme, je confirme.

Margot Dessenne

Et par rapport à tout ce que tu fais au niveau de tes études et de ton métier d'autrice, si tu pouvais choisir, est-ce que tu continuerais dans le droit ?

Cassandre Lambert

J'aimerais devenir autrice à plein temps. Pour moi, c'est vraiment le rêve. Après, c'est compliqué de gagner sa vie avec ses écrits. Je pense qu'il faut être vachement prolifique, il faut écrire beaucoup de romans. Ou alors, il faut qu'il y ait un roman qui marche vraiment très bien. Pour l'instant, ce n'est pas possible. Je vais continuer dans le droit. Je vais essayer d'être prise en master déjà. Ce serait pas mal. Et après, on verra ce que l'avenir me réserve. Mais c'est sûr que vivre de sa plume, c'est un rêve. Donc, c'est sûr que j'aimerais beaucoup.

Margot Dessenne

Je comprends. Je crois que je dis souvent je comprends aujourd'hui. Parce que vraiment, je suis en phase avec ce que tu dis. Donc, c'est vraiment sympa.

Cassandre Lambert

Oui, oui, oui.

3 conseils pour publier son roman en maison d'édition par Cassandre Lambert

Margot Dessenne

Écoute, alors, moi, j'en ai terminé avec mes questions. J'en ai plus qu'une seule. Et je pense que c'est la plus importante. Si tu n'avais que trois conseils à donner à un jeune auteur de 15, 16 ans, 17 ans, peu importe, ou même un jeune auteur qui vient, peu importe son âge, mais qui vient de démarrer, qui souhaite se faire publier en maison d'édition traditionnelle, qu'est-ce que ce serait comme conseil ?

Cassandre Lambert

Déjà, je lui conseillerais de vraiment bien cibler sa maison d'édition, de faire vraiment attention au genre de la maison d'édition. Parce que c'est vrai, quand on débute, c'est... On a tendance à se dire, bon, j'envoie un maximum de maisons, comme ça j'aurai peut-être une réponse, peut-être. Mais je trouve que c'est mieux d'avoir la qualité que la quantité. Vraiment, les maisons, tu les sélectionnes avec soin.

Et si tu joins une lettre d'intention, si tu joins un synopsis où tu as pris du temps à faire ton synopsis, que tu vois qu'il est vraiment abouti avec une petite biographie, je pense que ça peut faire vraiment la différence.

Et ensuite, je conseillerais surtout d'être patient parce que c'est très long. Les délais, pour envoyer son roman, il faut faire des corrections, il faut faire énormément de relecture, énormément de réécriture. Donc c'est super long. Et pour l'envoyer, les délais de réponse sont hyper longs. Moi, ça a pris quatre mois, mais ça aurait pu prendre beaucoup plus longtemps. Par exemple, je connais des personnes à Gallimard, ça prend un an pour avoir une réponse.

Donc il faut être vraiment super, super patient. Et persévérant. Dans le sens où, si ce n'est pas ce manuscrit qui sera publié, enfin, si ce n'est pas ce manuscrit qui est publié, ce sera le prochain. Tant que la passion est là, en fait, il faut continuer d'écrire. Et voilà, à force de persévérer, il y aura forcément un manuscrit qui tapera dans l'œil d'une maison d'édition.

Margot Dessenne

Écoute, merci beaucoup. Merci d'avoir apporté toute ta bonne humeur et toute ton expérience en maison d'édition. Parce que tu es la première qui me vient me parler de sa maison d'édition. Et je trouve ça... Vraiment intéressant d'écouter les points de vue de tout le monde et les expériences de tout le monde. Donc merci beaucoup pour ça.

Cassandre Lambert

Merci à toi. J'écoute ton podcast. Vraiment, j'adore ce que tu fais. Donc ça m'a fait super plaisir quand tu m'as contactée pour intervenir dans tes podcasts. Vraiment, merci beaucoup.

Margot Dessenne

Je crois que le plaisir était vraiment partagé pour le coup. Donc ça fait plaisir. Et encore merci à Cassandre pour son intervention. J'ai trouvé ça... vraiment super de découvrir l'envers du décor d'un auteur ou d'une autrice édité en maison d'édition traditionnelle et c'était une belle découverte pour moi de voir comment fonctionnait Didier Jeunesse notamment, mais la plupart des maisons d'édition traditionnelles de façon générale j'espère que cet épisode vous a plu n'hésitez pas si votre plateforme d'écoute vous le permet à laisser une note et un commentaire ou à m'envoyer un petit message sur Instagram pour me dire que vous avez apprécié, que vous l'avez écouté n'hésitez pas pas non plus à aller découvrir le compte Instagram et le roman de Cassandre Lambert.

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