Théo Lemattre, auteur et ghostwriter : Écrire les livres des autres en tant que prête-plume

Écrire les romans des autres, voici le métier de ghostwriter ou de prête-plume qu’exerce Théo Lemattre, auteur hybride lui-même prolifique avec plus d’une cinquantaine de romans publiés et co-fondateur d’une application de romance interactive. Dans cette interview, il nous parle de ce métier, souvent tabou, de ghostwriter ou de prête-plume où il écrit des livres autant pour des particuliers que pour des personnalités dans des maisons d’édition. Comment est-il rémunéré pour ce métier ? Comment travaille-t-il avec les personnalités pour qui il écrit des livres ? Comment démarrer dans ce métier ? Bonne écoute !

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Margot (00:00:00) — Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. J’espère que vous allez bien, que vous avez passé une très belle semaine. Dans mon cas, je vais bien et je suis hyper contente aujourd’hui d’être avec Théo Lemattre pour parler de son métier.

Il faut savoir que c’est quand même assez beau ce qui se passe. J’avais cherché autour de moi des personnes qui font le métier de Théo, c’est-à-dire d’être ghostwriter ou prête-plume. Et je n’avais pas tellement trouvé de personne qui ait envie d’en discuter parce qu’on en discutera certainement dans l’épisode, mais c’est un métier qui est encore relativement tabou en France où les gens ont du mal à en parler ou en tout cas le cachent un petit peu et c’est assez amusant. Une semaine après ou deux semaines après. Comme quoi, quand on demande, on finit par trouver. Je suis tombé sur ton compte Théo et j’ai vu directement dans la bio que tu étais ghostwriter et qu’effectivement ça ne te gênait pas d’en parler.

OK, ça, c’est vraiment très chouette et tu n’imagines pas le nombre de questions que j’ai eu dans la boîte à questions parce que j’ai toujours une question des auditeurs à la fin. Et ce métier-là en particulier, il génère beaucoup, beaucoup de questions et comme peu de gens ont envie d’en discuter, bah du coup, beaucoup de gens restent avec leurs questions et c’est tout. Dis-moi, pour démarrer cet épisode, est ce que tu voudrais bien te présenter de façon globale pour toutes les personnes qui ne te connaitraient pas encore ?

Théo (00:01:57) — Bien sûr. Déjà, merci de m’avoir invité, ça fait vraiment plaisir. Ensuite, de toute façon, j’ai commencé à écrire vers quinze seize ans. J’ai commencé à publier sur Kindle à l’époque. Je ne sais pas si tu connais rapidement un peu ce que c’est ou quoi. C’était le truc d’Amazon en fait. Et. Et ça a pris quand j’avais autour de 18 19 ans et là j’ai pu commencer à vivre de l’écriture vraiment, donc qui n’était pas du tout du ghostwriting pour le coup, c’était vraiment des romans que je faisais et ça m’a permis de me lancer dans l’édition, autoédition et édition à la fois et de vivre de ma plume. 

Et à un moment donné, quand j’ai lu une cinquantaine de romans publiés, des quatre mains, des tout seuls, des romans, des thrillers, je me suis dit ce serait quand même pas mal de proposer toujours ces services d’écriture pour d’autres personnes aussi, de prêter ma voix à d’autres personnes qui ont peut-être envie d’écrire et qui ont de belles histoires aussi à raconter, mais qui ne savent pas les raconter.

Et ça a été pour moi super intéressant parce que je me suis dit bon, c’est un peu un peu comme ça, rapidement et puis rapidement, j’ai rencontré des personnes et ça a été vraiment un métier de rencontres en fait, tu vois, c’est des gens qui vont passer des heures avec toi toute leur vie et il y a plus qu’une relation faite de clients et de et de gosses qui se forment. C’est un truc vraiment. C’est vraiment un tissu humain super intéressant et tu rencontres des profils extrêmement différents et ça m’a vraiment passionné. Et après du coup j’ai dû faire ça. Je ne pensais pas qu’on pouvait faire des maisons d’édition aussi un peu. Je ne fais pas des maisons d’édition pour des particuliers, j’ai mes romans aussi à côté et le jeu dont je t’ai parlé, le jeu vidéo. Et voilà.

Margot (00:03:28) —C’est très impressionnant. Tu fais oui, très exhaustif, surtout que tu es vraiment un touche à tout puisque tu fais aussi de la radio. Si je ne dis pas de bêtises, tu es aussi chroniqueur radio. Je comprends totalement. Il y a trop de choses à faire dans la vie pour se limiter à un seul métier. Donc dis-moi, on va revenir un petit peu plus en détail sur ton parcours avant de parler du métier de ghostwriter, parce que déjà sur ton parcours, il y a beaucoup de choses à dire. Tu as écrit une cinquantaine de romans en auto-édition, ce qui est vraiment très impressionnant, dont certains j’ai vu avec Jupiter. Tu parlais du fait d’écrire à quatre mains que j’ai déjà reçu sur le podcast d’ailleurs, qui est une grande dame. Vraiment, je suis très admirative de son travail. 

Et puis tu as été repéré par une maison d’édition. Est-ce que tu peux nous raconter en détail vraiment ce parcours ? Comment ça a démarré ? Est-ce que toi tu avais pour objectif d’être qu’en auto-édition dès le départ ? Ou alors tu savais que tu voudrais faire de l’hybride parce que tu es aujourd’hui un auteur hybride ? Tu vas bientôt publier aussi un autre nouvel ouvrage dans une maison d’édition, donc tu fais un peu des deux. Comment ça a vraiment démarré dans ta tête ? Ou alors est-ce que tu es finalement tombée sur Kindle un peu par hasard comme ça ?

Théo (00:04:34) — Allez, je te raconte. En fait, si tu veux, à la base c’était vraiment un truc. À quinze seize ans, tu as envie d’écrire un petit peu et tu sais pas trop où publier. Donc tu trouves des choses qui sont sur internet gratuites. Tu me connais, j’en vois pas, etc. Et j’essaie un peu là-dessus, mais ce n’est pas un truc qui prend vraiment chez moi un truc qui était vraiment complètement à côté de ce qui se faisait à l’époque sur Wattpad et de ce qui se fait encore aujourd’hui d’ailleurs. À vrai dire, c’était envoyé vers quinze seize ans, c’était hyper mauvais et. Et du coup j’ai lu un article sur Facebook à l’époque. Je connais beaucoup sur Facebook de gens de ma génération et ça parlait des Vendroux. C’est Jacques et Jacqueline Vendroux qui publié sur Kindle KDP. C’était bon et ils vendaient à fond ce qu’ils veulent et je me suis dit pourquoi pas essayer en fait, un truc comme ça, ça peut être sympa pour tester.

Donc je me suis lancé dessus en 2016, 2015, 2016. Après j’ai passé mon bac et quand je suis arrivé à Montpellier pour la vie étudiante, j’essayais de ne pas vivre la vie étudiante et d’essayer au contraire de vivre de l’écriture. Je me suis laissé un an pour ça et je me suis dit si je dois le faire, c’est maintenant parce qu’après j’aurais de responsabilités, des choses à faire, etc. Et je n’aurais pas le temps forcément de me consacrer pleinement à ça. Donc je me suis dit on se laisse un an pour le faire. J’ai publié en novembre et en janvier, je recevais un premier salaire de Amazon KDP qui était plus conséquent que celui que j’avais touché à l’époque en faisant du garçon boucher. C’est l’été les jobs d’été que tu fais. Voilà, comme ça j’avais touché, je crois, 1 392 €. Je parle en chiffres, c’était pas mal, c’était un premier salaire avec l’écriture, c’était pas mal, tu vois, je serais content. Dans ma tête, c’était 1 million.

Margot (00:06:14) —Mais au-delà de ça, c’est la beauté de dire ça. C’est de l’argent que j’ai gagné avec mes mots.

Théo (00:06:20) —C’était. C’était fou, tu vois, dans ma tête, c’était 1 million. J’étais comme un fou. Et je me suis dit à tout moment tu vois, on fait en sorte que ça ne s’arrête pas. On continue. Donc il faut savoir quand même que, à la base, j’avais publié ce livre qui a fonctionné, qui a fait, qui a fait décoller un peu le truc et j’avais fait une quinzaine de ventes je crois, le premier jour et j’étais hyper pas content parce que la dernière fois que j’avais lancé Service, j’en avais fait une cinquantaine En premier, je me suis dit c’est foutu, c’est lancé, je suis mort, c’est terminé, je peux faire autre chose, c’est fini. Et du coup, j’ai été inscrit au service civique et ma copine m’a dit : « Ne dépublie pas le livre, on ne sait jamais ». Et en fait, les ventes ont monté au fur et à mesure, c’était crescendo. Ça n’a pas été un pic.

C’est l’époque, c’était vraiment il fallait, je parle d’une époque, un dinosaure horrible. C’est terrible. Tu devais faire un pic de ventes pour rentrer dans des algorithmes et après ça suivait. Tu vois, il n’y avait pas le côté crescendo. Il y a aujourd’hui beaucoup plus. Et en fait, j’étais dans cet effet crescendo et je ne le voyais pas du tout. J’étais au premier jour et moi je me suis dit comme un con j’arrête tout, j’arrête tout, c’est fini. Ça n’a pas fonctionné. Le premier jour, c’est terminé. Elle m’a dit non, mais laisse quand même. Et grand bien lui en a pris parce que du coup je l’ai laissé et c’est ce qui a fait fonctionner tout le reste derrière après. Donc on s’est mis sur un rythme un peu démoniaque à la base, car c’était quand même un pressoir parce que tu faisais un livre tous les deux ou trois mois si tu voulais rester visible. Donc c’est un pressoir.

Margot (00:07:36) — Ça me paraît dingue de devoir écrire un roman tous les trois mois.

Théo (00:07:40) —Et trois mois. En fait, c’est pas l’écrire, c’est un peu ça écrit, corriger, maquetter tout le reste une fois tous les trois mois. Après, c’était moins professionnel qu’aujourd’hui. Tu pouvais y aller un peu plus à l’arrache en deux éditions à l’époque, mais quand même, il fallait quand même avoir un certain niveau et il y avait une certaine exigence quand même du public et c’était vraiment un rythme de malade mental. Et du coup, dans le monde où il y en a beaucoup qui étaient avec moi à l’époque, qui étaient dans la bande d’auteurs qui faisaient un peu ça, et puis des salons du livre de Paris, etc. Avec Amazon qui nous invitait là bas. Oui, c’était un truc de dingue. C’était fou. Amazon nous a invité au Salon du livre de Paris. Moi, j’étais de Montpellier. Il nous fait venir ici, à l’hôtel. C’était trop cool. Et il y en a beaucoup qui ont disparu parce qu’ils ont beaucoup d’argent. C’était. C’était trop. Enfin voilà le début du vrai début de comment ça a commencé.

Margot (00:08:30) —Et du coup, un jour, tu as une maison d’édition qui te contacte parce que toi même tu avais envoyé un roman en recherche de maison d’édition, parce qu’ils sont venus te chercher en voyant tes œuvres. Enfin, tu étais très prolifique quoi.

Théo (00:08:42) — Donc en fait, ils n’avaient jamais envoyé des œuvres à la base. J’avais fait le chemin classique, ce qui était très complexe. J’ai dit Je vais l’envoyer à l’édition. C’était le chemin un peu normal que tout le monde avait, je crois. Et et ces trucs qui ont été des œuvres qui ont été refusées du coup, parce que c’est le cas de énormément d’œuvres. Et de toute façon, les primo auteurs, c’est très compliqué. Et en fait ils sont revenus après que les œuvres. Du coup, les œuvres ont refusé et fonctionné sur Kindle, ils sont revenus après pour les chercher.

Margot (00:09:16) — Voilà, c’est ça, c’est bien ça.

Théo (00:09:18) — Oui c’est bien, mais bon.

Margot (00:09:22) —Pour l’ego, tu te dis : « Ah c’est sympa ! »

Théo (00:09:26) — Sympa, mais c’est les mêmes, c’est les mêmes, tu vois, il n’y a pas de différence donc c’est bon, c’est pas grave. Après, c’est comme ça.

Margot (00:09:32) — Qu’ils apprennent aussi de leurs erreurs.

Théo (00:09:34) —C’est vrai, tu as raison, tu vois tout en positif. Moi j’adore.

Margot (00:09:36) —Mais je sais.

Théo (00:09:37) —Je suis fan.

Margot (00:09:38) —Tu sais, la maison d’édition c’est des. C’est des commerciaux. C’est vraiment c’est comment on fait du blé. Et des fois, quand ils ne sont pas sûrs, même pour des textes qu’ils aiment bien, ils ne préfèrent pas se lancer. Et quand ça marche bien, il y a plein d’auteurs. Enfin, quand tu vois tous ces auteurs hyper connus qui ont essuyé énormément de refus, la haine pour les maisons d’édition qui les ont refusés, tu vois.

Théo (00:10:00) — Oui, c’est vrai, c’est vrai, j’avoue.

Margot (00:10:03) — Faut voir ça positivement. Donc ça dure quelques années puisque pendant un moment tu fais ça, et puis tu nous as dit tout à l’heure, puis un jour tu t’es dit ouais, est ce que je pourrais pas écrire pour les autres ? C’était en 2022 si je ne m’abuse, et tu te lances un peu secrètement dans le ghostwriting. Le fait d’écrire des livres pour les autres. Déjà, qu’est-ce qui t’a vraiment poussé à prendre cette décision et comment tu as démarré ? Parce que c’est bien beau de dire ok, je vais écrire des livres pour les autres, mais faut se lancer quoi.

Théo (00:10:30) — Ça paraît hyper bizarre, mais on dirait une histoire. Mais c’est vrai, c’est toujours ma copine qui est dans les mauvais coups j’ai l’impression. Mais elle m’avait dit tu publies pas assez sur les réseaux toi, t’es pas, t’es pas très présent et tout, c’est vrai. Et moi en tout cas, je fais une liste de publications programmées pour Facebook et Insta. Donc pas du tout un truc que tu fais, forcément, c’est vraiment pas comme ta manière de. Et il y a un mec qui me répond sur une publication programmée, je sais pas trop, beaucoup d’interactions et il s’appelle Cloudy et j’aime bien cet équilibre. Je suis assez proche de celui qui écoute et il y avait un débat autoédition édition et en gros on parle un peu. Et il me dit : « Viens au théâtre. »

Je ne sais plus quel jour il vient au Théâtre du Marais. Je fais une émission qui dit d’accord. Du coup, je vais au centre du Marais faire son émission, donc je fais son émission, on va faire ensemble, Ça se passe bien machin. Et il me réinvite parce que lui, il produit des spectacles et me réinvite pour voir un de ses spectacles au même théâtre. Et là-bas, je rencontre un gars qui s’appelle Nicolas, Nicolas qui est journaliste et il me dit : « Moi, j’aimerais trop écrire mon livre machin et tout. » Je dis ok, c’est bien, j’en prends bonne note, tu vois, c’est cool. Et. Et quand arrive le moment où je dois faire de la promo pour la publication de jeu, ça fait bien. Tu vois, je me dis comment démarcher un journaliste. C’est une question bête, mais en fait on se la pose avant. Et je me dis c’est bien, je connais Nico, je l’ai rencontré au théâtre, je vais contacter Nico, je le connaissais à peine, tu vois.

J’envoie un message pour qu’on boive. On va boire un coup. Une pinte, deux pintes. Moi je commence à être très bien. Et on parle de son niveau, tu vois. Et je dis c’est bon, je vais, je vais le faire, je vais le faire. On ne va pas me prendre mon temps. Je vois ton projet, je vois ce que tu veux faire. On va le faire. Je vais le faire. Et en gros. Je vais faire Et juste après. Ça s’est fait comme ça dans les semaines qui ont suivi. J’étais. J’avais son bouquin.

Margot (00:12:36) — Excuse-moi, j’ai du mal à trouver le temps pour écrire mes propres livres. Toi, tu t’es dit je vais faire le livre d’un gars avec que j’ai vu deux fois comme ça.

Théo (00:12:45) — Ça lui tenait beaucoup à cœur en fait, ça lui tenait vraiment à cœur. C’était vraiment le truc pour lui. C’était vraiment un truc pesant dans sa vie. Il voulait vraiment faire ce sujet, ce bouquin et tout. Et il m’en parle, il en parle, c’est moi.

Je suis ému parce que c’est fascinant et parce que le gars est super cool. Et en plus, il y a les deux pintes qui n’aident pas beaucoup dans la balance. Et du coup, je sais pas trop pourquoi.

Margot (00:13:07) —Dans cette première expérience. Parce que là du coup, c’est la première fois que tu fais ça. Certes, le mec et tu en as parlé pendant une soirée, le projet a été touché. Mais il y a une différence entre écouter la vision du livre de quelqu’un et à la fin voir le résultat final. Des fois, il y a un gap entre les deux. Donc comment ça se passe finalement cette toute première expérience ? Et qu’est-ce que tu en as appris ? Et qu’elles sont les leçons que tu as pu en tirer ?

Théo (00:13:32) — Alors globalement, si tu veux, quand des gens viennent me voir pour un livre, ils ont un projet en tête et généralement c’est un foutoir pas possible, c’est-à-dire que c’est vraiment le bazar, on ne comprend rien, ils ne savent pas trop bien eux-mêmes où est-ce qu’ils veulent aller et là.

Margot (00:13:45) —Ils n’arrivent pas à les écrire. D’ailleurs.

Théo (00:13:48) —C’est bien possible et c’est peut-être pour ça que du coup, ce qui est intéressant d’avoir du coup les 50 romans en background qui permettent de cibler bien un projet et de savoir presque comment le faire, comment le faire évoluer de la bonne façon et quelle approche avoir autour de ce sujet. Donc c’est là qu’intervient finalement l’expérience et de voir déjà de voir la catégorie et de voir de quoi ça parle, de voir comment. Comment est-ce qu’on peut l’amener là ? Super important. Et à partir de là, du coup, il avait une proposition du bon côté d’un truc qu’il avait en tête et je lui ai dit Non, ça va être un format d’affaires et vous d’interviewer plein de gens. Ça va être horrible. Il va falloir trouver le temps pour tous les gens, enfin tout le monde d’accord aussi, tout le monde pour le bouquin, c’est incroyable, on va faire ça. Donc donc là je propose du coup autre chose, mais du coup, je peux pas forcément vous parler de ce que je propose de ce côté, parce que c’est évidemment que c’est censé être son bouquin qu’il a écrit, etc.

Théo (00:14:44) — Donc il n’y a pas de mal. Mais, mais du coup je propose vraiment autre chose, on part là-dessus et on fait quand même des sessions d’enregistrement. Donc on fait, je crois, quatre après-midi, 12 h entière ou on fait trois à 4 h d’enregistrement où à la fin j’ai 14-15 h à écouter et 14-15 h que tu vois en roman avec un commentaire de là où tu veux aller en fait.

Margot (00:15:08) —Et c’était une fiction ou une non-fiction ? Une fiction ? OK, donc peut être plus facile à écrire, en tout cas comme premier projet que de la fiction. Ou tu. Tu vois, tu sais encore. Enfin, pour moi, ça paraît plus complexe d’écrire la fiction de quelqu’un d’autre qu’une immense fiction.

Théo (00:15:28) —Mais bon, bien sûr, je suis d’accord avec toi.

Margot (00:15:29) —Et du coup, qu’est-ce que tu en as appris de cette première expérience ? Est-ce que du coup ça t’a donné envie d’en faire d’autres ? Donc j’imagine que c’était plutôt positif.

Théo (00:15:37) —Je me suis dit : « Waouh ! Ça nous a beaucoup rapprochés. »

Forcément, avec cette personne, parce que c’était quand même un travail assez conséquent et ça m’a montré quand même qu’il y avait des gens qui avaient des histoires à raconter, beaucoup d’histoires à raconter et qui ne savaient pas le faire. Qui ne savait simplement pas le faire. Parce qu’écrire, ça peut paraître peut être pour toi, ça peut paraître très naturel pour moi aussi. D’autres personnes également, mais en fait pas pour tout le monde. Pas du tout. Le sens de la narration et de l’écriture, c’est pas un truc très naturel chez les gens et ça se travaille. Et lui, il a choisi un autre travail, donc pas du tout. Son corps de métier et son histoire a été bien et qu’il avait vraiment envie de tout son corps, de la raconter. Il ne pouvait pas le faire, pas comme ça. Donc c’était important pour moi de l’écrire pour lui. Et ça m’a montré que oui, il y avait un vrai, un vrai suivi derrière ça, important, qui n’était pas solitaire et qui avait un jugement.

Margot (00:16:33) —Mais je crois qu’il y avait des chiffres comme quoi un Français sur quatre rêve d’écrire un roman.

Théo (00:16:38) — Ouais, c’est vrai, c’est tellement vrai.

Margot (00:16:42) —Mais comme quoi, il y a beaucoup, beaucoup d’histoires à raconter.

Théo (00:16:45) — Totalement. Il y a énormément de choses à raconter. C’est dingue !

Margot (00:16:49) — Dis-moi là, tu as fait à peu près combien de livres pour d’autres personnes ? Même si effectivement c’est confidentiel, tu peux pas nous dire qui, mais tu en as écrit combien ?

Théo (00:16:58) — Là, je suis à peu près à une dizaine.

Margot (00:17:01) — OK. Et aujourd’hui, concrètement, comment ça se passe ? Qui te contacte ? Tu m’as parlé du fait que tu avais des particuliers, des maisons d’édition. Est-ce que du coup, j’imagine que tu continues de discuter énormément avec les personnalités pour lesquelles tu écris ? Quoique peut être pour les maisons d’édition, c’est différent. Si c’est le cas, dis nous.

Théo (00:17:19) — Alors je vais vous dire comment ça se passe. Et bien en fait, cette personne-là, du coup, a trouvé l’expérience super bien.

Il a vraiment adoré faire ça avec moi et il a filé mon numéro, mais je n’étais pas forcément au courant et du coup mon numéro est passé de personne en personne et de temps en temps je reçois un message : « Salut Théo, j’ai ton numéro par machin. En fait, j’ai un projet de livre que je voudrais faire et ce serait bien qu’on en parle dans quelques mois. » Ça me permet de boire des cafés gratuitement qui est vraiment extraordinaire et rencontrer des personnes et des personnalités, beaucoup de personnalités effectivement, de tous milieux confondus. Mais effectivement, il n’y a pas de j’ai pas fait de pub particulièrement par rapport à ça. Je démarche personne, ça marche pas, c’est mon numéro, il circule je sais pas trop quoi. Voilà.

Margot (00:18:12) — OK. Et même que ce soit les particuliers comme les maisons d’édition, c’est vraiment la même.

Théo (00:18:16) —C’est pareil, c’est pareil, c’est la même chose, c’est en fait, je crois que c’est un tout petit milieu ce truc-là, et il n’y a pas beaucoup de monde en fait, qui va le faire et qui va l’afficher comme le fait, tu vois ? Donc c’est vrai que ceux qui le font, je crois qu’ils se font contacter.

Et quand tu fais du bon travail, il n’y a pas de raison qu’on ne te contacte pas. Voilà. Donc c’est ça aussi, je crois que c’est plutôt cool ça aussi c’est bien pour l’ego.

Margot (00:18:37) — Oui c’est vrai, c’est vrai que ça fait plaisir. Mais du coup, est ce que tu as fait que de la non-fiction ou est-ce que tu as fait également de la fiction ?

Théo (00:18:45) —J’ai fait que la non-fiction pour l’instant et là je vais être sur une fiction qui va sortir en septembre.

Margot (00:18:49) —Et est-ce que tu trouves qu’il y a une différence entre les deux en termes de travail ?

Théo (00:18:53) — Alors pas tant que ça, parce qu’en fait, la fiction, la personne qui l’a en tête, elle sait ce qu’elle veut raconter de la bonne façon. Donc peut-être même ce sera moins fouillis parce qu’il y a beaucoup de fois où le mec on fait une rencontre, etc. En fait, j’avais oublié la fois d’avant de te dire ça et tu sais, l’enregistrement, tu vois, c’est pas le même et tu sais pas où c’est exactement dans l’enregistrement, etc.

Et tu vois, je fais une note pour le thème du futur, attention du futur et pas le temps qui arrive et ça va être terrible. Et voilà. Donc c’est. Je crois que c’est moins le bazar dans la tête des gens quand ils ont une fiction complète parce que tu peux plus facilement la cadrer alors que leur vie ce n’est pas de la fiction. Donc l’envie c’est l’envie de ne pas trop cadrer autour. Alors là, la fiction, tu peux facilement barricader, mettre des genres, mettre des codes et du coup pas l’enfermer là-dedans, mais le guider là-dedans, l’aiguiller dans ce, dans ce dans ces codes. Alors qu’en fiction, alors là c’est vraiment.

Margot (00:19:54) —Mais du coup, est-ce que tu as déjà eu affaire à des gens qui avaient de mauvaises idées, où tu devais lutter un petit peu pour leur expliquer que ça n’allait pas marcher comme ça, comme ça ?

Théo (00:20:05) — Alors très lâchement…

Margot (00:20:08) — Quoi ? On ne cite pas de noms. Donc personne ne saura qui c’est.

Théo (00:20:14) — Alors très très lâchement, quand on vient me voir et qu’on a une mauvaise idée, vraiment une idée vraiment pourrie, je réponds pas.

Je ne voudrais pas avoir à dire si ça ne me plaît pas ou je préfère ne rien dire, faire comme si je n’avais pas vu le sms. Voilà.

Margot (00:20:37) —Mais ok, je comprends, mais il peut y avoir la mauvaise idée qui l’intrigue. Mais il peut y avoir dans l’œuvre de non-fiction ou dans l’œuvre de fiction de mauvaises idées qui sont plus petites, mais qui sont quand même là. Comment tu les gères celle-là ? Parce que du coup, je comprends que tu n’aies pas envie d’écrire un livre qui te plaise pas. C’est normal, il y a des trucs.

Théo (00:20:57) — Qui sont si ça ne m’intéresse pas, je ne m’intéresse pas ou pas, ou c’est des trucs vraiment qui traînent. Je ne me lance pas dedans, tu vois. Mais. Mais s’il y a de mauvaises idées au sein du texte en général, je vais le dire simplement à la personne, parce qu’en plus c’est un peu une relation est un peu plus proche que simple.

Simplement comme tu dis, que de clients, je bois encore régulièrement des cafés ou je fais des trucs avec des gens. J’ai fait des gosses assez longtemps et même permis de faire d’autres choses comme travailler sur le développement de l’émission de télé, ce qui n’a rien à voir, mais c’est des trucs qui sont tout de même sur des chemins où les gens sont un peu mes potes à la fin. Et un blog, tu peux lui dire écoute, je pense que ton idée là, c’est vraiment Oui, c’est ça, ça va être terrible et tu peux te permettre de lui dire en fait, c’est dans l’intérêt de tout le monde, tu vois. Franchement, si tu le dis pas, ce sera un mauvais livre. Toi, tu vas passer un mauvais moment. Le mec qui va le dire, il reste un très mauvais moment aussi, donc il vaut mieux, il vaut mieux développer, non ?

Margot (00:21:50) —Je comprends. Et est-ce qu’au contraire tu as eu aussi des retours ou certaines choses ? Les gens n’ont pas aimé et ou tu as dû retravailler avec eux en fonction ? Bah c’était pas ce qu’ils attendaient ou ils l’auraient fait autrement. Parce que j’imagine que tu fais par étapes, comme je vois un peu ton travail, comme un travail d’illustrateur avec le croquis à chaque fois, faire valider les couleurs à faire valider. Puis est-ce que toi tu fais ça pareil ? Tu fais valider le plan, puis tu fais valider le premier jet et tout ça au fur et à mesure avec la personne.

Théo (00:22:17) — Ouais, c’est un peu ça. En général, je fais un chapitre pour lui montrer un peu dans quelle direction ça va et comment est-ce que j’écris aussi. Parce qu’il y a quand même une patte dans l’écriture qui est propre à chacun. Donc si tu ne mets pas de base et tu te dis ah bah non, je trouve que c’est dégueulasse, tu vois, ça va pas. Donc déjà de base il y a ça et ensuite non, je crois que c’est un travail par étape. Effectivement, c’est en décomposition un petit peu, c’est un peu illustrateur, c’est un peu croquis, bien que je réfléchisse en même temps, excusez-moi parce qu’il y a beaucoup à faire, mais c’est des personnes qui sont différentes donc c’est très très mal.

Pas dans le sujet qui est très qui est aussi linéaire que ça, mais il y a des petits retours, des choses comme par exemple plein de gags qu’il m’a dit, il avait fait des interviews, il voulait qu’il soit plus présent, tu vois. Du style il avait des trucs comme 1 h et demi d’interview. J’ai dit ça, ça va faire un peu long, J’ai dit ça va faire long, mais 1 h et demi de direct, ça va être très, très long. Donc ce que je vais faire, c’est qu’on va faire couper la poire en deux. Je mets quelques lignes qui représentent en dialogue, en tout cas l’essence de ce que vous vous êtes dit. Et après le reste, on l’explique sur un petit paragraphe et ça ira très bien. Et là ils comprennent. Et quand tu vois la démarche, ils en général ils comprennent le truc. À la base, j’avais mis juste le paragraphe, lui il voulait vraiment les dialogues et les machins machin qui me dérange pas. Mais voilà, les retours sont généralement assez minimes parce que les gens, et en particulier sur la non-fiction, sont très contents aussi de voir leur texte prendre vie et leur vie aussi.

Prendre le texte quelque part. Donc c’est assez pour eux. C’est vraiment un très bon moment et pour moi aussi.

Margot (00:23:56) —C’est est ce que tu as des gens où tu sens qu’ils sont gênés de demander ce service parce qu’ils aimeraient aimé pouvoir l’écrire eux-mêmes et que certes toi c’est confidentiel, donc dans tous les cas, toi tu vas jamais dire que c’est toi qui a écrit le livre, mais tu sens que même au niveau de leurs proches et tout, c’est ils le diront pas que c’est pas eux qui ont écrit le livre.

Théo (00:24:19) — Franchement ils sont pas trop gêné quand même je t’avoue. Et ils sont pas trop trop gênés. Non, ils sont. Ils sont assez contents en fait. Parce que si tu veux, pour eux, le travail d’exécutant derrière, c’est-à-dire le travail d’écriture, n’est pas aussi important que l’idée elle-même que ou que le mec idéal, mais en fait que ce qu’il a apporté comme idée. Donc pour eux, ils sont des cibles quand même là-dedans, C’est pas du tout un truc, ils sont pas en train de se dire qu’ils écrivent machin et tout à coup ils disent c’est moi qui a apporté l’idée et l’idée pour eux prime sur le travail d’exécution.

C’est pas, c’est pas forcément un avis que je partage parce qu’en tant qu’auteur, cet avis forcément pas non plus, mais pour autant c’est eux, ça les réconforte là-dedans. Et en soi je peux comprendre, mais c’est pas du tout un truc que je partage.

Margot (00:25:09) —Mais du coup je pense qu’on a la deuxième explication de pourquoi ils n’arrivent pas à écrire le livre. Oui, parce que, en fait, les idées ne sont pas protégeables et au-delà de ça, on peut avoir les meilleures idées du monde et on peut avoir aussi les mêmes idées que d’autres personnes. C’est l’exécution qui fait le roman. Donc ça montre bien que ça explique aussi pourquoi ces gens n’écrivent pas leurs romans. Peut-être qu’ils finiront par voir que l’exécution est prime sur l’idée, mais en tout cas, c’est assez amusant comme schéma. C’est très loin, très loin de ce que nous on imagine. Dis-moi, je vois que tu as fait la non-fiction et que tu as fait de la fiction. Est-ce que tu t’es spécialisé dans un type d’écrit en tant que prête-plume ghostwriter ou est-ce que tu es vraiment ouvert à tous les projets du moment qu’ils te plaisent ?

Théo (00:25:57) — Non, franchement, je suis ouvert à tout ce qui me plaît.

Il n’y a pas de je, pas de restriction par rapport à ça. La non-fiction maintenant, j’avais plus peur de la non-fiction que de la fiction puisque j’avais fait plus de fiction et de fiction, forcément. Mais non, tout ce qui est, tout ce qui peut être intéressant d’ailleurs, ça ne se limite pas forcément encore une fois, à des romans, ça peut être plein d’autres choses en fait. On nous a sollicités pour des trucs, enfin j’ai pas fait, mais parce que me faire faire des brochures, des magazines de tourisme, est ce que tu veux en fait tout ce des choses dans lesquelles il y a besoin de textes, il y a besoin d’auteurs. Donc à partir de là, tu peux vraiment te mettre à ghostwriter presque. L’idée, c’est qu’après il faut donner.

Margot (00:26:39) —Et même faire du copywriting pour certains sites ou ce genre de chose, j’imagine, aussi. Oui, bien.

Théo (00:26:44) — Sûr, bien sûr. Moi ça ne m’intéresse pas, ce n’est pas un truc que je prendrais, mais ça ne se limite pas.

En tout cas vraiment, j’essaie de me limiter. Par contre, de mon côté, c’est un truc qui me qui me branche davantage qu’au moins je sais faire, donc ça me va. Je préfère rester là-dedans, tu vois ?

Margot (00:27:02) — Oui, bien sûr. Si tu as envie de changer d’avis plus tard, tu seras toujours à même d’accepter de nouveaux projets. C’est ça qui est chouette.

Théo (00:27:08) — Totalement, totalement.

Margot (00:27:10) — Dis-moi, il y a une vraie question que je me pose, c’est au niveau juridique et au niveau financier, parce que ça, ça me pose question de qui, à qui appartient le livre ? Tu vois quel est ton statut d’auteur du livre ? Est-ce que c’est toi qui touches les droits d’auteur ou qu’une seule partie ? Est-ce que tu es payé à la prestation ? Si c’est le cas, c’est quoi les tarifs ? Parce que vraiment pour moi, il y a un flou énorme juridique là-dessus. Quand on connait pas du tout ce métier, c’est ok. Comment ça fonctionne concrètement en terme financier et en terme juridique ?

Théo (00:27:43) — Alors en termes de droits, je vais être totalement transparent avec toi.

Normalement tu peux pas retirer à l’auteur son droit d’auteur. Voilà, c’est ça, c’est en France, c’est comme ça. Donc normalement, le trait de plume, il y a des droits d’auteur sur les livres qui sont publiés. Donc encore une fois, par contre, du coup, je t’ai dit de mon côté aussi ça c’est de ma faute, c’est que les personnes avec lesquelles je travaille deviennent un peu des potes aussi. Machin, etc. Et du coup ça rend la chose un peu compliquée. C’est-à-dire que du coup, moi je ne demande pas dans l’autre sens. J’estime qu’une fois que c’est fait, c’est plus à moi et personne à part moi ne peut vraiment prouver que c’est moi qui l’ai écrit et je sais que je ne le ferais pas. Donc c’est quelque chose qui ne me dérange pas du tout. En bas, le droit d’auteur, c’est quoi ? C’est quand ? C’est avec une maison d’édition. Là, c’est différent. C’est la maison d’édition, elle est plus carrée, forcément, elle va faire des choses bien.

Et là du coup, tu as des droits d’auteur, mais ils sont minimes, donc c’est vraiment au minimum de minimum 1 ou 2 %, tu vois. Et après oui, c’est légal.

Margot (00:28:45) —Le minimum, ce n’est pas 6 %.

Théo (00:28:47) —C’est vraiment tout en bas, c’est combien ? On a pas tapé sur l’ordi ? Non, j’ai pas regardé. Non.

Margot (00:28:54) — Non, non, mais parce que après c’est 6 %. Mais ça peut être partagé en deux ou en trois en fonction du nombre d’auteurs et d’illustrateurs. Est-ce que c’est dans ce cadre-là ?

Théo (00:29:02) —Mais je ne suis pas sûr que ce soit légal.

Je ne sais pas, c’est légal, mais bon, c’est pas un truc sur lequel je m’attarde, sur lequel je négocie, parce que c’est pas un truc qui m’intéresse non plus. Et j’estime qu’une fois que le truc est accompli, je ne considère pas que c’est mon livre ne pas le défendre. Donc je n’ai pas envie forcément de toucher des droits là-dessus, ça ne m’intéresse pas sur le plan artistique d’ailleurs.

Après, en termes de prestations, parce qu’effectivement de pousser à la prestation. Un poids, un livre. Généralement, c’est autour de 5 000 €. Voilà. Vous voyez, là, je suis totalement transparent.

Margot (00:29:41) —Mais il n’y a pas de souci. On aime bien la transparence ici. Je pense que ça permet aux gens de pouvoir estimer un travail. Et au contraire, je trouve qu’en France on a beaucoup de tabous inutiles à ce sujet. Et ce qui ne permet pas aux gens de savoir la réalité des choses. Mais 5 000 €, ça va être pour un roman de quelle taille ? Pour un 50 000 à 100 000 exemplaires ? Mots. Non mais je me suis perdu dans mes mots moi-même. Mais effectivement, 50 000 mots. D’accord. OK.

Théo (00:30:15) — Donc ça c’est ok à faire. En plus, tu n’as pas inventé les choses qui sont derrière, qui sont dessus. Le seul truc qui prend vraiment du temps finalement, c’est les rendez-vous. C’est tout. Mais c’est jamais des moments désagréables je trouve.

C’est toujours sympa d’aller boire un café avec quelqu’un qui raconte un peu sa vie, tu vois, Lui ça lui fait du bien aussi. En général, c’est vraiment des trucs qui sont vraiment extrêmement partagés. Donc non, je trouve ça intéressant.

Margot (00:30:40) — Super ! Alors j’imagine que pour les particuliers, tu nous as dit que tous souhaitaient être totalement contre, que ce soit confidentiel. Donc j’imagine que ton nom n’est pas du tout dans le livre d’une manière ou d’une autre. Par contre, est-ce que encore une fois, je parle également la maison d’édition est obligée de l’indiquer quelque part ? Est-ce que c’est le cas ? Est ce qu’il y a ton nom qui est quelque part inscrit sur le livre ? Ou encore une fois, on fait comme si tu n’existais pas.

Théo (00:31:07) — Alors normalement, il est censé le mettre sur le. Sur le livre, je sais pas, j’ai pas du tout vérifié, mais normalement tu es censé légalement en tout cas faire apparaître la personne qui a écrit le livre. Après, encore une fois, tout le monde ne fait pas les choses légalement.

Je crois que même rares sont ceux qui font les choses entièrement également. C’est pas certain d’apparaître, d’apparaître quelque part. Mais encore une fois, ça te tente ? OK, pour moi.

Margot (00:31:36) —C’était par pure curiosité.

Théo (00:31:37) —Mais tu as raison. Mais légalement tu as raison, tu marques un point c’est totalement raison, C’est censé être pareil.

Margot (00:31:43) —Mais des fois tu vois des personnalités qui. Bizarrement, ne te tu dirais pas qu’elle écrive oui, mais après ?

Théo (00:31:53) — Oui oui, il y en a qui tapent et.

Margot (00:31:57) — Qui font de jolies petites vidéos de eux en train de taper sur un clavier. Et à la fin, voilà qui ont un livre et où t’as pas vu le projet pendant des mois et tout et tu te poses la question, tu te poses la question, tu te dis est ce qu’il y a quelqu’un derrière ? Et j’avoue, j’ai jamais été vérifier au fond, au fond du livre, s’il y avait à chaque fois des la mention d’un trait de plume d’un gosse. Mais du coup, je me pose la question si légalement la maison d’édition a été obligée de le faire ? Parce que sinon, pour le coup, pour la personne quand elle, enfin quand elle affiche publiquement et le fait de l’écrire et que c’est noté quand même dans le livre que c’est pas elle qui l’a écrit. Enfin je sais pas, ça me paraît étrange.

Théo (00:32:38) —Je pensais pas que ça n’était comme ça, tu vois. Je pense pas que ça a été comme ça. C’est plutôt avec la collaboration de. Tu vois, voilà, sous la supervision, c’est tourné différemment et comme tu dis, c’est pas un flop, donc ça reste confidentiel. C’est pareil, on essaie des formulations pas rhétoriques, mais on a été très surpris du nombre de personnes qui n’écrivent pas. Il y en a énormément qui n’écrivent pas. Je vois, j’ai plein de monde, mais encore une fois, c’est pas mes clients, mais c’est quand même. Mais là, récemment, une maison d’édition me disait l’éditrice de la maison d’édition me disait On est avec un influenceur, on en chie avec lui et lui, la plume est en train de péter les plombs parce que le mec doit envoyer des vocaux, il envoie des vocaux depuis son bled à Dubaï et il s’en tape et c’est pas du tout appliqué. Il a lâché le truc et et la plume est en train de décider à prendre un billet pour le claquer quoi.

Et donc il y a des collaborations, C’est vraiment c’est vraiment beaucoup plus compliqué. Moi j’ai pas eu de problème, mais je ne cours pas après les personnes. Moi c’est pas mon projet donc tu ne veux pas le faire. C’est aussi un peu ton problème, mais quand même, pour une maison d’édition, c’est un peu différent. Ce n’est pas de la fiction avec un influenceur. Pour le coup, là je comprends que c’est embêtant, mais s’il y a un truc machin avec l’influenceur dessus et tout, ouais, ce mec envoie juste des vocaux de questions, des articles. Bon voilà.

Margot (00:34:02) —J’imagine bien la frustration que ça doit être la vraie question. Je me demande c’est est ce qu’il y a des auteurs qui n’écrivent pas leurs livres ? Ça c’est ça. J’avoue qu’à mon avis, ça doit tellement. On est déjà sur un sujet tabou déjà dans cet épisode. Alors là. Mais alors là, je sais pas ce que je me dis, ça, ça doit exister, Tout existe donc ça doit exister. Et je vais te.

Théo (00:34:21) — Répondre Oui c’est vrai.

Margot (00:34:24) — Oh là là, il va falloir qu’on parle, il va falloir qu’on parle en off.

Théo (00:34:30) — Qu’il y ait des auteurs qui n’écrivent pas.

Margot (00:34:34) — Moi je me dis que tout existe, donc forcément qu’il doit exister. Pour moi, il y a encore une différence entre les gens. Ce n’est pas le métier où tu te doutes un peu en vrai tu sais. Et à la limite, c’est accepté parce que les gens savent que c’est pas leur métier, parce que voilà, à un moment donné, chacun ses compétences et je pense que c’est très accepté et que limite eux doivent se battre pour prouver quand ils l’ont vraiment écrit qu’ils l’ont vraiment écrit. C’est encore différent, mais alors les gens qui en font leur métier sans l’écrire, ça me fait un peu rire. J’ai un fou rire.

Théo (00:35:08) —Je suis désolé de dire ça, ça va le faire, ça va le faire.

Margot (00:35:14) —Mais du coup, en parlant d’écrivain, ton métier de ghostwriter empiète sur tes propres écrits et tu le recommanderais à d’autres quand toi-même tu as plein de choses à sortir ? Alors aujourd’hui, on dit que Amazon est un petit peu moins poussif sur le fait de publier beaucoup de romans, mais quand même, il faut garder un certain rythme pour pouvoir vivre en tout cas de l’autopublication. Toi, tu es hybride donc tu peux mélanger les deux, mais quand même, si tu dois écrire des romans pour l’autoédition, des romans pour des maisons d’édition, des romans pour les autres, est-ce que tu dors la nuit ou est-ce que tu continues de taper sur ton clavier ?

Théo (00:35:51) —Je suis une chauve-souris. La vérité, c’est que je dors essentiellement le jour du jour ou le matin. Ah toi ? Non, en fait oui, ça empiète un peu, mais il faut savoir que du coup, j’ai pas mal ralenti sur Amazon. Pour Jennifer. Après quelques trucs qui sont sortis récemment, on dirait que c’est pas drôle. Mais c’est vrai, je comprends. J’ai beaucoup ralenti sur Amazon et au profit de l’édition qui est un rythme beaucoup plus lent. Tu sais comment ça fonctionne ? C’est quand même un peu plus de voir venir les choses et de faire des corrections machin, etc. C’est beaucoup plus tranquille et surtout, je me suis effacée de ça au profit plutôt du jeu vidéo en fait qui fonctionne bien.

Donc on est, on est, on est quasiment à plein temps là-dessus. Et le ghost, c’est vraiment, c’est à côté, tu vois. Tu sais, à la base, c’était vraiment pour rendre service. C’est vraiment rendre service, rien de plus. Je viens de refuser du coup pas mal de grosse fatigue que je me suis dit bon bah non, moi je fais que ça va me saouler donc j’ai pas envie d’accepter tous les tous les projets qu’on me proposait. Donc ouais, c’est plus vraiment rendre service. J’ai fait une place à ça dans ma vie, à l’initiative pour rendre service. Et ensuite c’est devenu. Je me suis dit bon, en fait tu rencontres des gens intéressants et en dessous c’est plutôt cool. En fait.

Margot (00:37:18) —Si t’as plus aucun autre projet dans ta vie qui te donne envie d’écrire pour quelqu’un d’autre, tu t’arrêtes maintenant. En fait, tu fais vraiment ça parce qu’il y a de l’humain derrière, parce que le projet te parle et parce que tu es dans une période, dans ta vie où tu as le temps de le faire aussi.

Théo (00:37:32) —C’est exactement ça. Si demain il y a un projet qui m’est proposé, ou même paye 10 000, 15 000, 20 000 €, tu dis que c’est pourri ou que le mec que je n’aime pas ou que c’est abusé ça marche pas. Je reviens parce que j’ai pas envie de. Le principal intérêt derrière c’est l’humain, c’est l’humain. Et c’est pour ça que les trucs que je n’ai pas encore fait, je suis pas encore tenté. Je sais pas si j’ai tenté l’expérience un jour aussi, parce que du coup ça gomme l’aspect humain. Pourtant, les livres de Marc. Voilà, tu vois, c’est tout ce que tu peux faire et.

Margot (00:38:07) — Ça doit être très complexe parce qu’ils doivent avoir des exigences et.

Théo (00:38:12) — Voilà. Mais c’est un truc que je ne pense pas. Je te laisse, t’as envie d’essayer.

Margot (00:38:17) — Non, c’est gentil. Travailler avec des marques, ça doit être. Ils doivent être insupportables parce que là, tu te fais pas corriger par une seule personne qui doit le valider. C’est toute l’entreprise qui doit valider, donc ça doit être horrible.

Théo (00:38:28) — Là en fait, c’est comme si ton éditeur c’était à la fois ton commercial, ce qui est la pire sensation. Au monde. Donc non, vraiment, tu as raison, c’était vraiment le côté humain, c’était pas ça. C’est aucun projet que vraiment ça me plaisait pas. Je. Je suis levé.

Margot (00:38:48) —Mais du coup tu l’as évoquée plusieurs fois dans l’épisode, donc je pense qu’il serait temps de s’y attarder un peu. En parallèle de ton métier d’écrivain. Tu y es également le co-fondateur d’une application de romance interactive Love Option app. Déjà, comment est né ce projet ? Je crois que c’est encore ta copine qui a mis les pieds dans le plat. Et qu’est-ce que tu y fais concrètement actuellement ? Et qu’est-ce que ça donne ? Parce que moi, j’ai grandi à une période où les romances interactives, elles pullulaient sur internet, mais c’était trop chouette. Et donc du coup, je suis hyper curieuse de savoir comment ça fonctionne de l’autre côté.

Théo (00:39:23) — Attends, est-ce que tu sais ? Est-ce que tu as grandi ?

Margot (00:39:26) — Oui, j’ai grandi à l’époque.

Théo (00:39:27) — Amour sucré. Voilà.

Margot (00:39:28) —Je suis démasquée. Oh là.

Théo (00:39:30) — Voilà. Mais je pense qu’on a plus ou moins le même âge en fait, on va dire.

Margot (00:39:34) — 99.

Théo (00:39:35) — 97. Ouais, plus ou moins. Ouais, bah voilà, c’est ça. Voilà. Donc du coup, effectivement, c’est un projet qui est né parce que j’avais fait une romance dont vous êtes l’héroïne à la base, que j’avais publiée sur Amazon, et c’était un truc, Tu sais, c’était un livre de 104 20 000 mots je crois, où il y avait des signes, tu vois, il y avait des signes. Ouais, exactement, exactement. Il y avait des signes, tu vois, pour les différents passages. Et quand une histoire comme tu voulais. Et je me suis dit Ouais, c’était vachement bien écrit en précoce et monté neuvième des ventes en fait. Écoute, tu vois, c’est vraiment un vrai truc. Et je voyais qu’il y avait une vraie envie d’interactivité chez les lecteurs. J’ai dit moi et ma copine quand je jouais à l’époque à ce genre de jeu et c’est un truc qui voilà qui me plaisait.

J’ai toujours été dans le dessin et. Et donc on s’est dit bon écoute, pourquoi ne pas associer nos compétences en fait finalement ? Parce que toi tu dessines et moi j’écris. Donc on peut faire quelque chose, mais je pense qu’il y a beaucoup à faire. Je faisais mes couvertures de mission parce que depuis tout le long, je parle de moi, mais c’est injuste parce que en bac, il y a une personne qui fait quand même toutes les couvertures, toutes les maquettes des livres et on sait vraiment que c’est du travail. Donc voilà, en gros, big up à son implication énorme là-dedans et on s’est dit donc du coup pour l’application, on n’ira pas, c’est une histoire à choix, donc il faut faire ça de façon plus construite. C’est-à-dire que c’est là, on est sur quelque chose où il faut être vraiment efficace, parce que chaque fois qu’il y a un personnage dans un décor, c’est elle qui dessine. Et concrètement, elle va me suivre si je fais 50 trucs et là on va commencer à avoir des problèmes.

Voilà le problème. Et. Et donc si tu veux, elle, elle, elle apprend à coder elle-même. À la base, elle a une formation académique dans l’art plastique et dans le management. Par la suite, elle a beaucoup de rapports, même très bien Et. Et ouais. Et du coup, elle s’est mise à apprendre à coder toute seule. C’est-à-dire que du coup de base de A à Z, elle s’est auto formée pour pour développer. Donc ça c’est c’est du bon. C’est des langages de programmation. Du coup, ça s’écharpe sur un outil ou ailleurs. Et elle s’est dit vas-y, change, fais une maquette. Voilà. Et donc elle a vraiment fait une maquette complètement, non, par hasard. Et cette maquette, elle l’a présentée. Parce qu’on avait quelques connaissances qu’on connaissait un petit peu par le milieu de l’écriture. J’avais quelques personnes que je connaissais qui étaient dans le milieu de la production. Et donc là, la personne vient nous voir, elle me dit c’est super cool votre truc, c’est le nom, le produit.

Et on s’est dit ok, tu vois un truc qui a commencé un peu par hasard finalement, on s’est dit ok, on s’est fait repérer comme ça par une prod qui. Considérez le tout le projet sans aucun souci.

Margot (00:42:53) —C’est très impressionnant. Et alors ? En fait, elle va mettre l’argent pour vous payer, vous. Vous pouvez vous payer des logiciels pour vous payer quoi ?

Théo (00:43:02) —C’est tout ça à la fois. Ça à la fois c’est nous, c’est les logiciels, c’est la protection juridique, c’est le dépôt de marque, c’est l’INPI, ça coûte, ça coûte une blinde. Ça, c’est des coûts.

Margot (00:43:12) — Qu’est-ce qu’elle gagne ?

Théo (00:43:14) — Ben forcément, le pourcentage là-dedans. Donc c’est c’est quelque chose qui m’a été soutenu rapidement. Et qui est super. Après, si tu veux, le truc c’est que on reste que deux dans l’équipe. On sait qu’on a un jeu comme ça à deux, c’est. C’est cauchemardesque en termes de travail. Moi j’ai fait les épisodes. J’ai écrit tous les scénarios, etc.

Mais en arrière, vu que je ne programme pas et je ne dessine pas, c’est elle qui stoppe absolument tout le reste. Tout ce qui est sound design, on entend beaucoup ça. C’est super important. Quand je clique sur un bouton qui est le bon son qui apparaît, etc. Voilà la musique, les décors, les personnages, la programmation en elle-même, les serveurs. Parce que du coup, c’est aussi un jeu en ligne, il y a des serveurs à gérer, c’est tout ça, c’est un énorme bazar qu’elle gère quasiment toute seule à plein temps.

Margot (00:44:12) — Big up à ta copine, vraiment, c’est très impressionnant. Mais du coup, tu as écrit combien d’épisodes ? Parce que je crois que vous en êtes à la production du septième. J’ai été voir un peu sur votre site.

Théo (00:44:23) — Totalement ça tu as raison. La production du septième et j’en ai écrit dix. OK pour la saison.

Margot (00:44:29) — Avec objectif de faire plusieurs saisons j’imagine.

Théo (00:44:32) — Oui, voilà.

Margot (00:44:33) —Vous aimeriez faire combien de saisons à peu près ?

Théo (00:44:35) —Tu fais autant que ça dure, donc tant que ça fonctionne.

Nous, on se dit voilà, on fait des saisons. En fait, on s’est même dit que ça serait quand même bon. De toute façon, c’est pas un problème, mais tant que ça fonctionne et qu’on est dedans, on a envie d’en faire autant qu’on peut en faire les personnages à fond. On a envie de développer ça au maximum, de faire des livres à côté sur ce sujet, ce qui va être super. Il pourrait être cosplayer finalement de ma copine, avoir une idée et voilà donc de développer ça au maximum.

Margot (00:45:07) —C’est un peu l’histoire de personnes qui seraient un peu curieuse de savoir à quel jeu elles vont jouer ce soir de façon très discrète sur leur ordi.

Théo (00:45:16) — Alors ce sera sur Apple et Google Books, Google Books, Google Store ou Google Play Store et Apple Store. C’est gratuit, bien sûr. Et alors ? L’histoire, c’est une jeune chargée de la communication qui débarque fraîchement sur une île paradisiaque dans un hôtel de luxe pour s’occuper de la comm. Et dans cet hôtel, il y a eu un enlèvement Et tu as vraiment des personnages ? Tu as trois, trois, quatre crush qui sont nés sur ton beau gosse et tu veux qui veut fréquenter et avec lequel tu peux vivre des histoires fort intéressantes.

Margot (00:45:50) —Et j’imagine que les quatre beaux gosses ne s’entendent pas forcément entre eux, sinon c’est pas drôle.

Théo (00:45:54) — Non, pas du tout. Non, évidemment que non. Et qu’il y a du fil rouge dans cette histoire. Tu sais, on s’inspire d’un modèle qui est trop bien, c’est les telenovelas, parce que ça te parle super bien.

Margot (00:46:06) — Oui, du drama, Beaucoup de drama encore. Exactement.

Théo (00:46:10) —C’était vraiment notre inspiration. C’est la telenovela.

Margot (00:46:15) — Hyper cool, hyper cool. Et ça doit être très frais comme projet sur lequel travailler.

Théo (00:46:20) —J’imagine que ça fait trop du bien.

Margot (00:46:22) — Bah ouais, tu dois t’éclater.

Théo (00:46:24) — Ouais, vraiment.

Margot (00:46:25) —Au delà du fait que le projet éclate en termes de charge de travail, tu dois t’éclater.

Théo (00:46:30) — Oui oui, oui, oui, ça aussi. Si tu veux, je te montrerai les super tableaux d’arbres de proximité. Tu vas voir, c’est vraiment quelque chose. Je t’enverrai ça après si tu veux, mais c’est. C’est un truc assez monstrueux. Mais c’est vraiment trop cool.

Le côté interactif et surtout l’écriture. Faire un projet différent que la littérature. Je trouve ça magnifique d’avoir cet autre aspect du métier. Du prix.

Margot (00:46:58) —En tout cas, tu en parles avec passion et ça donne envie d’en déco, de découvrir et d’en faire soi-même. Donc vraiment très chouette. Mais tout est possible.

Théo (00:47:06) —Et ça y est.

Margot (00:47:08) —J’ai pas le temps déjà d’écrire mes propres romans. Je gère un podcast, une entreprise et mon roman. Mes journées ne font malheureusement que 24 h. Je ne peux pas faire plus. Dis-moi, on en a également un tout petit peu évoqué tout à l’heure. J’ai cru comprendre que tu allais publier un nouveau roman qui était très cher et qui était très personnel chez les éditions Prisma. Félicitations ! Est-ce que tu peux également nous en parler un petit peu ?

Théo (00:47:39) — Oui, bien sûr. Je peux en parler aussi. C’est vrai que je publie ça chez Prisma. On va sortir le 1ᵉʳ mai ou le 2 mai, je ne sais plus.

Et personnel parce que ça va faire lien avec sa rencontre avec Alex que je fais un peu dans le boulot finalement. J’ai vraiment beaucoup de boulot et j’ai traversé des périodes où vraiment j’étais bien. Mais tu me diras, c’est normal, on a parlé de beaucoup de choses et finalement c’est un peu. C’est un peu le revers de la médaille, le reflet aussi de tout ce que j’ai investi comme temps non pas de sommeil, mais de travail. Et est ce livre à la base, c’était. Il ne s’appelait pas comme ça. Lâcher ces clichés qui ont bien préco, j’ai pas compris. Donc pourquoi tu fais quoi maintenant ? Mais très bien. À la base il s’appelait dépression et compagnie, alors c’est pas hyper sexy comme titre à la base des commerciaux et des bonnes choses. Du coup, on a dû changer. Mais c’était l’histoire d’une femme qui travaillait pour une entreprise qui a pour but de mettre les gens en dépression parce que cette entreprise touche à tous les étages sur la sécu, sur les psychologues, etc.

Et c’était un truc marrant. Bon, chacun son sens de l’humour, voilà. Et. Et du coup, elle a une mission particulière qu’elle doit réaliser, sans quoi elle sera violée, c’est de le faire tomber en dépression. Un mec qui est beaucoup trop heureux. Alors il est beaucoup trop heureux et va sur le terrain pour le foutre en dépression parce que rien n’a fonctionné. Les appels du compte CPF marchaient donc forcément. Du coup il va sur le terrain pour le foutre en dépression. Elle se dit je n’y arrive pas. La seule solution pour le foutre en dette, le gars, c’est de sortir avec lui et de lui briser le cœur. Mais il brise tellement fort le cœur qu’il s’en relèvera jamais. Et c’est comme ça que naît une histoire entre.

Margot (00:49:23) —Je pense que tu devrais écouter les albums de twenty one pilotes et essayer de comprendre leur lore parce que c’est le truc de la dépression, du fait que le système cherche à te maintenir en dépression. C’est tout à fait l’univers des événements pilote alors c’est de la musique donc tu peux tout à fait passer à côté quand tu l’écoutes sans savoir. Mais du coup je trouve le concept très intéressant et ça devait être. Non, mais c’est vrai, Mais ça devait être assez particulier de travailler là-dessus.

Théo (00:49:52) — Ouais, c’est un peu bizarre de travailler dessus, mais c’était trop bien en même temps, parce que c’était vraiment aussi une période où je crois moi-même en dépression et ça m’a fait du bien du coup de l’extérioriser comme ça. Alors ça a été là, du coup ça a été un peu adouci. Je pense que ça le sera encore un peu parce que maintenant ça s’appelle Faut-il être fleur bleue pour voir la vie en rose, ce qui n’a rien à voir avec dépression et compagnie ? Mais. Mais c’était vraiment, c’était vraiment pour moi un texte très personnel. Ça l’est toujours d’ailleurs. C’était comme si le truc était déjà mort, mais ça l’est toujours.

Margot (00:50:24) — Ouais, enfin, il est sorti. On a plus la même relation avec un texte qui est déjà sorti de nos doigts maintenant.

Théo (00:50:29) — Oui, ils sont notoires, mais voilà, ils n’avaient plus la même relation avec lui. C’est vrai. Je comprends ce que tu veux dire.

Margot (00:50:35) — Dis-moi, c’est quoi tes futurs projets ? Parce que visiblement tu as un emploi du temps très chargé. Est-ce que tu vas juste continuer comme ça, ce qui est déjà ma foi vachement bien ? Ou est-ce que tu as des choses que tu aimerais commencer ou te lancer ?

Théo (00:50:48) — Alors j’ai pas de vision vraiment long terme sur des sons, des choses. En général, les choses arrivent et et quand elles arrivent, je me mets dessus. J’ai de la chance de pas m’ennuyer, ça c’est bien, mais pour l’instant j’ai pas de tout, C’est de vrais projets où tu te dis wahou ça c’est vraiment le truc que j’ai sur une très longue table, etc. Je laisse un peu venir, j’ai déjà la tête sous l’eau dans beaucoup de moments, j’évite de me la mettre encore plus. Tu sais, en pensant au plus loin, je me dis jour après jour, c’est déjà pas mal. Après, si vous voulez avoir un projet, je pense qu’il m’intéresserait de vous.

Ce serait bien sûr d’intégrer, d’intégrer quelque chose qui soit plus dans le côté scénario, mais audiovisuel. Et c’est des choses qui sont doucement aussi, des rencontres en train de se débloquer. Mais c’est très long, c’est très très long. Et la façon dont on travaille sur des séries comme des quotidiennes, j’en ai parlé récemment avec un scénariste d’une quotidienne, c’est pas un truc qui me plaît beaucoup. Je sais pas si tu vois comment ça ne marche pas ?

Margot (00:51:53) — Pas du tout ! Mais sache que d’ailleurs, si tu arrives à rentrer dans ce milieu, tu vas devoir revenir sur le podcast. C’est une obligation parce que je serais trop curieuse de savoir comment ce milieu fonctionne.

Théo (00:52:02) —C’est un petit bout, mais petit morceau si tu veux. Il m’a expliqué qu’il y avait plusieurs… C’est un fonctionnement différent. Il y a l’Arche, il y a les séquencier, il y a l’arche et les dialoguistes. Et lui, il travaille au séquencier, il fait des séquences seules, environ une dizaine, dizaine ou dizaine douzaine de lignes pour dire ce qui se passe dans une scène si tu veux.

Et les arches, ce sont les trois fils rouges, les A, B et C dans chaque épisode et donc il fait une vingtaine de séquences. Et du coup dans ces trois-là différentes, ils font ça à cinq. Après ils renvoient ça en correction. Des mecs font aussi les mêmes choses séquence et arches et eux-mêmes passent après ce boulot. À cinq autres personnes qui sont des dialogues qui sont sur les dialogues et il y a un auteur plateau pour vérifier que tout est, que tout est en ordre et qu’il n’y a pas d’incohérence. S’il y en a une, ça ne veut pas dire la réplique ou qui n’aime pas ou pas autrement. L’auteur réécrit beaucoup sur place en plateau et du coup c’est une équipe de quasiment une vingtaine de scénaristes en fait pour faire une quotidienne. Donc c’est vraiment au moins un épisode par jour. Et ce but tous les jours, c’est l’usine. En fait, c’est l’usine. En fait, ils sont bien payés pour ça, mais c’est.

Margot (00:53:13) — Donc ça, ça me paraît tellement… Effectivement, c’est l’industrialisation de l’écriture et nous on est tellement un rythme lent quand on écrit nos romans où déjà il y a des auteurs qui panique à l’idée qu’un éditeur va toucher à leurs textes, là je n’imagine même pas. En fait, il faut, il faut, il faut abandonner toute idée d’ego. Et dans tous les cas, l’idée n’est pas la nôtre, c’est un travail collectif.

Théo (00:53:37) — Oui, c’est ça. En tant qu’écrivain, d’abord, le côté travail solitaire, là, pour le coup, dans leur cas, on parle pas de production indépendante. Tu sais où le scénariste qui a écrit son scénario, qui envoie des maisons de production ou quoi ? Pas vraiment. Dans le cadre de la quotidienne en particulier. C’est pas du tout toi qui va être, tu vas pas être la star. Non, pas du tout. On va être 20 dessus et le but c’est juste que ce soit efficace et que ça parte en prod le plus vite possible avec les contraintes de décors, de personnages, des films d’acteurs qui vont parler à tel ou tel jour.

C’est pareil ça leur emploi du temps aussi que tu reçois au préalable avec Machin Michel avant demain, il n’est pas là. Je ne veux pas faire la scène avec Machin, elle ne peut pas être dans notre univers, il ne peut pas. Donc tu vas t’adapter par rapport à toute une gymnastique du mental à avoir pour adapter, pour adapter ton écriture à des contraintes réelles et logistiques. C’est pas juste dans l’imaginaire, dans des contraintes réelles et logistiques, d’habitudes d’écriture. Et du coup, voir la chose complètement différemment.

Margot (00:54:43) — Déjà que quand on écrit des romans, nos personnages ont tendance à faire ce qu’ils ont envie et à ne pas nous écouter, mais alors là, avec des personnes réelles qu’on peut même pas engueuler parce que forcément, relations professionnelles, je n’imagine pas le casse-tête vraiment.

Théo (00:54:58) — Jaloux qui me dit que c’est difficile. Il m’a dit c’est vraiment compliqué, mais bon, ça fait six ans qu’il fait ça. La quotidienne à la septième saison, il y a quelques épisodes je pense, mais c’est un truc de fou.

Margot (00:55:13) —Et ça dure toute l’année ? Ils ont bien des vacances, ces pauvres scénaristes !

Théo (00:55:17) —Il y a de bons moments et des roulements. Mais à Noël, il y a aussi Noël. Il est au turbin. Ouais, ils ont des roulements. Il y a des équipes qui peuvent. Changer un petit peu. Donc il y en a que des vacances. Mais c’est vraiment pas la majorité du temps. Ils font les cinq, franchement. Il m’a dit c’est vraiment l’usine et bien payé. C’est une rencontre, vraiment. Et en plus tu dis ça, c’est vraiment très. Je l’ai rencontré. Le mec a deux semaines.

Margot (00:55:49) —C’est impressionnant. Je ne connais pas du tout ce milieu, donc si d’une manière ou d’une autre tu arrives à devenir scénariste, sache que tu reviens.

Théo (00:55:55) —C’est promis, cette fois ci, je reviendrai.

Margot (00:55:58) —J’ai plein de questions des auditeurs que j’ai essayé d’intégrer au maximum dans mes questions parce que certaines raisonnées, mais j’en ai une qui était assez particulière, donc j’aimerais bien te la poser. C’est : comment faire fondre sa plume dans le récit de quelqu’un d’autre ?

Théo (00:56:13) — Ah, c’est intéressant. C’est-à-dire pour. Pour répondre à ça de façon de plus, pour ce que je comprends de la question, c’est comment concrètement adapter son écriture ? À la façon dont l’histoire est racontée ? Je pense, je pense que dès le départ, en fait, tu vas sentir dans le projet de la personne et en rencontrant la personne, en lui parlant, le projet peut correspondre avec ta plume si tu as une plume un peu délicate, tu vois. Par exemple, vous avez un projet sur soi tellement. Je sais pas, je me suis dit pas du tout, c’est pas du tout mon sujet, ni forcément le lieu. Je peux pas parler de ça avec la même, avec la même émotion, c’est pas possible. Il y a un travail d’empathie à faire par rapport à ça, mais j’aurais beaucoup de mal à retranscrire authentique. Et là je crois que c’est un peu le même problème, c’est que du coup tu vas où ? Tu vas devoir, tu vas sortir des personnages et ça va marcher.

Et mes projets, ça ne fonctionnera pas bien parce que t’as pas forcément la plume qui correspond à ce projet. Voilà, je crois que tu n’as pas besoin de le faire qu’à la base. Si tu as bien choisi, sélectionner ce que tu fais, c’est pas ton style, car tu vois, c’est plutôt comme ça pour moi.

Margot (00:57:34) — Oui. D’accord. Finalement, tu choisis des projets qui te correspondent à la plume pour éviter de de te retrouver dans des situations où je ne sais pas moi, comment est ta plume. Mais imaginons, tu as une plume plutôt drôle et plutôt vive et on te demande d’écrire quelque chose qui va dans enfin, qui a une plume beaucoup plus lourde dans le style et tout ça. Toi tu vas pas chercher ce genre de projet, tu vas pas vouloir t’adapter, J’en sais rien.

Théo (00:58:00) —Je sais pas parce que je pense pas qu’en fait c’est le but encore une fois, vu qu’on revient sur la base, l’origine, le noyau du projet, tout ça c’était rendre service. Je ne crois pas que je rende service si je ne fais pas ça bien.

Donc si je pense pas pouvoir le faire bien, je le fais pas d’accord ?

Margot (00:58:17) — Écoute, on arrive à l’heure d’épisode. Je suis fière quand j’arrive à tenir 1 h presque pile poil. C’est magnifique. Et du coup, à ma dernière question qui est un peu la question signature qui change en fonction des personnes en face de moi. Si tu devais donner trois conseils à un auteur ou une autrice qui aimerait devenir ghostwriter, que seraient-ils ?

Théo (00:58:38) —Pour devenir ghostwriter… Le premier conseil, c’est déjà de devenir auteur, c’est à dire vraiment d’être, d’être à l’aise, suffisamment à l’aise dans le métier de l’écriture pour pouvoir l’adapter à toutes les sauces. Parce que les projets ne se ressemblent pas et même si on peut les sélectionner, il y a toujours des part de contraintes dedans. Il faut savoir être adaptable. Donc pour ça, il faut je pense, une certaine expérience. Ensuite, je crois aussi qu’il ne faut pas avoir trop peur de démarcher. Je ne l’ai pas fait, donc je suis un très mauvais exemple par rapport à ça.

Mais ceux qui en tout cas m’ont parlé, je ne suis pas le seul à faire une démarche. La plupart du temps, ça s’est très bien passé pour avoir demandé autour de soi les compétences qu’on a dans l’écriture, Tout le monde ne les a pas. Ça peut paraître évident pour ceux qui ont ces compétences d’écriture, mais tout le monde ne sait pas écrire comme un auteur. Va savoir écrire. C’est un métier en fait. Souvent, on me dit de trouver un vrai métier. C’est vrai, mais mais c’est utile. Et certainement pas aussi facilement. Et en troisième position, je dirais, de faire preuve de beaucoup d’écoute et d’empathie envers les personnes qu’on va recevoir parce qu’ils vont nous raconter des morceaux très intimes de leur vie. Et ce n’est pas forcément facile parce que c’est quelque chose que tu racontes à un médecin si tu veux, etc. Mais là, il y a un secret médical et là tu rencontreras une personne qui va le coucher sur le papier et qui va vraiment poser ses mots à travers tes émotions et donc faire preuve d’empathie, de compréhension.

Pas de jugement, mais vraiment voilà . Je pense que c’est super important d’être à l’écoute.

Margot (01:00:16) — Ben écoute, ça me semble trois très bons conseils et j’espère que ça cuira Ceux qui ont envie de se faire ce métier ou qui ont envie de le tenter. Merci énormément, Théo pour tout ce que tu as partagé dans cet épisode, C’était hyper intéressant même si du coup je te l’annonce, tu seras de nouveau kidnappé la prochaine fois que tu changes de métier. C’est bon, j’espère que toi tu as passé un bon moment.

Théo (01:00:38) — Merci à toi. Merci à toi malgré les problèmes de connexion.

Margot (01:00:42) — Oui, parce que vous n’entendez pas ça à la fin, chers auditeurs. Mais je me débrouille comme je peux avec une mauvaise connexion des fois. Je suis désolé, mais merci, Merci. Mais de rien, Merci à vous qui nous avait écouté. J’espère que vous aussi vous avez également passé un très bon moment. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser soit sur le compte les mots ratures, soit sur le compte de Théo qui sera également dans les notes de l’épisode.

Je fais des petits gestes quand je parle. C’est hyper drôle parce que vous me voyez pas du tout, mais sachez que j’accompagne toujours mes mots de mouvement et que là j’ai désigné le bas comme si vous pouviez le voir. Toutes les infos sur Théo seront dans les notes. Merci pour votre écoute. Je vous retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode. En attendant, écrivez bien, prenez soin de vous et à mercredi prochain.

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