Burnout d’écriture : vaincre la page blanche

Le blocage d’écriture a plusieurs noms : page blanche, syndrôme du milieu, panne d’inspiration. Dans tous les cas, le problème est le même : vous n’écrivez plus.

Ça ne vous arrive jamais de vous rendre compte que vous n’avez pas écrit depuis un mois ? Ou bien serait-ce deux ou trois ? Vous fuyez vos séances écritures, trouvant toujours mille et une choses bien plus importantes à faire avant. Vous ne vous ne vous sentez ni inspiré, ni créatif et vous vous dites que ça passera. Mais ça ne passe pas. Pire encore, quand vous vous forcez à ouvrir le document Word de votre manuscrit, vous n’arrivez qu’à vous relire et vous peinez à écrire quelques phrases supplémentaires que vous avez tout de suite envie d’effacer.

Le résultat est sans équivoque : la page blanche vous a frappé.

Bonne écoute !

PS : Retrouve la retranscription de l’épisode sous le lecteur.

La fin de mon premier jet

Pour vous remettre un peu dans le contexte, j’ai fini le premier jet de mon roman le vendredi 13 mars, après une semaine intense de Miracle Morning où je me levais à cinq heures du matin tous les jours pour écrire. Ce jour-là, le confinement était annoncé et je suis retournée vivre chez mes parents. Un mois s’est écoulé sans que je ne regarde mon manuscrit, cela m’a fait beaucoup de bien et m’a permis de réfléchir sur les manières de l’améliorer.

,Ma relecture commentée s’est faite extrêmement facilement, je vous en ai d’ailleurs fait une vidéo, et je m’apprêtais à me lancer avec autant de ferveur dans la réécriture. J’étais impatiente de voir mes mots prendre encore plus d’ampleur et de pouvoir les partager avec mes bêtas lectrices. Les premiers jours de réécriture ont été un franc succès, je réécrivais presque deux chapitres par jour. Puis sans raison apparente, je me suis mise à ralentir. Terminer les quinze premiers chapitres sur les quarante-cinq qui composent mon roman m’a pris un mois. Depuis, plus rien. À peine trois pages A4 écrites. Trois mois de vide. Incapable d’écrire. Trois mois de blocage. De page blanche.

La page blanche

Des questions sans réponses

Je me suis alors posée des centaines de questions. Pourquoi cette page blanche ? Était-ce parce que je savais inconsciemment que ce chapitre seize ne me convenait pas ? Après plus de trois ans et demi de travail sur ce projet, était-ce simplement une crise ou une réelle envie de tout laisser tomber ? Ne serais-je jamais capable de fournir un travail fini ? Pourquoi n’étais-je pas aussi régulière que tous les autres ? Je souffrais de voir mon manuscrit stagner, je souffrais d’observer les autres auteurs d’Instagram avancer sur leurs projets sans difficultés, je souffrais de ne pas comprendre ce qui m’arrivait.

Puis j’ai dit stop. Fin juin, j’ai programmé toutes mes publications Instagram et mi- juillet j’ai décidé que mes vidéos ne reprendraient qu’en septembre. Voilà, tout était prêt pour que je puisse prendre de vraies vacances.

Faire prendre des vacances à votre roman

Durant le confinement, j’ai pris soin durant une semaine de compter mes heures de travail, que ce soit de l’écriture, de la préparation de vidéos, de séances photos pour Instagram ou toutes les heures investies dans un gros projet qui prend de plus en plus d’ampleur. J’étais à plus de soixante-cinq heures par semaine et presque aucun jour de pause. De vrais horaires d’indépendantes et bien que ce rythme me convenait la plupart du temps, je me suis rendue compte seulement il y a peu de combien il m’avait laissée épuisée. 

On pourrait croire que ce rythme effréné aurait eu tendance à accélérer ma réécriture, mais avec le recul, je comprends que c’est sûrement ce surmenage qui l’a ralenti, puis m’a menée à cette page blanche. Comment sortir les mots justes du plus profond de nos entrailles quand on n’est plus que fatigue et lassitude ? On ne peut pas. Ça ne peut pas marcher, du moins pas sur le long terme. Et on finit par faire ce que je commence à peine à définir et qui pourtant a été ma réalité cet été : un mini-burnout.

En plus de cet essoufflement progressif de mon écriture, j’imagine que le fait d’être enfermée loin de ma routine habituelle, sans horaires précis auxquels me raccrocher, dans l’angoisse de ce qui va nous tomber sur la tête, n’a pas vraiment aidé à améliorer ma créativité.

L'envie de tout abandonner

Que faire alors ? Je ne pouvais et ne peux toujours pas me résoudre à abandonner mon roman. Nous avons vécu trop de choses ensemble et la conviction immense d’écrire quelque chose d’essentiel pulse en moi à chaque fois que j’ouvre ce simple document Word. Très bien. Ne pas abandonner. Ne pas se laisser aller au désespoir. Il se trouve que j’ai déjà eu d’autres pages blanches dans ma vie et que j’ai toujours réussi à m’en sortir. Le temps a toujours fait son œuvre et je me suis toujours réveillée un matin avec la certitude que je pouvais écrire à nouveau.

Mais alors, qu’est-ce qui est différent cette fois ? Par réflexe, je dirais la pression. Ce syndrome de l’imposteur mêlé à mon perfectionnisme autodestructeur. Pour eux, l’échec est impensable tout en étant inévitable, car aucune des phrases que je pourrais écrire ne sera jamais assez parfaite à leur goût. Me voilà donc dans une impasse. Pour me débloquer et ainsi pouvoir écrire et perfectionner mon roman, je vais devoir accepter que mes phrases soient imparfaites.

Le Mur de mes problèmes

Vous voyez, j’assimile souvent l’ensemble de mes problèmes, à un mur. Je suis pile devant lui et il m’écrase par son immensité. Je suis incapable de l’escalader. J’ai beau frapper dessus de toutes mes forces, il ne cède pas, ne se fissure pas et semble me rire au nez. 

Ce mur, je le hais tout en étant soulagée par sa présence, car il me permet de me poser près de lui et d’attendre sereinement. Attendre quoi ? Rien de particulier. Mais attendre en sécurité. Puis un jour, j’ai assez de courage pour me relever et prendre du recul. Je fais alors quelques pas en arrière, suffisamment pour voir le mur dans sa globalité. En fin de compte, même s’il est très grand et semble toujours aussi épais, il ne fait que quelques mètres de long et je peux aisément le contourner.

Se poser les bonnes questions pour vaincre la page blanche

Cette page blanche fonctionne exactement de la même manière. Parfois, je suis tellement près de mon problème que je ne le vois pas dans sa globalité. J’ai beau m’acharner à écrire, cela ne fonctionne pas. Je me contente alors d’attendre que ça passe, sans chercher à regarder le problème de plus loin, pour mieux le comprendre et le contourner.

Ce mois d’août où j’ai pris des vraies vacances loin de la pression et me semble-t-il, loin du monde et de ses angoisses, est un véritable marathon à reculons. Si je n’écrivais pas, j’occupais mon esprit à lire, à profiter du moment présent et quand il en ressentait l’envie, je le fais travailler sur des projets divers, comme l’écriture de podcast par exemple. C’était un véritable moment d’introspection.

Pourquoi j’aime écrire ? Qu’est-ce qui ne me plait pas dans ce chapitre qui me bloque ? Que puis-je faire pour clarifier mes idées ? Que dois-je avoir entrepris avant la fin de l’année ? Qu’est-ce que je souhaite changer ? Qu’est-ce je désire garder ? Qui ai-je envie de devenir ? Je reculais encore et encore pour voir le mur de plus en plus loin et pouvoir ainsi tracer un chemin qui me permettra de le contourner sans difficulté.

Pourquoi j’aime écrire ?

J’aime écrire parce que ça me fait sentir plus vivante que jamais. Parce que je crée des univers du bout de mes doigts, que j’insuffle de la vie et que j’envoie des émotions destinées aux cœurs de ceux qui me liront un jour.

Qu’est-ce qui ne me plait pas dans ce chapitre qui me bloque ?

Ce chapitre seize m’effraie parce qu’il contient une tristesse immense que j’ai peur de ne pas savoir retransmettre. Mais aussi, je ne suis pas convaincue de la fin. Je crois que je n’arrive pas à l’écrire parce que je ne sais pas encore où je vais vraiment dans cette réécriture.

Que puis-je faire pour clarifier mes idées ?

Je pourrais prendre le temps de faire un petit tableau récapitulatif des modifications que je veux faire. Cela permettrait de tout mettre au clair et de tracer cette ligne précise qui me permettra de contourner tous les murs. Sachez qu’à l’heure où je tourne ce podcast, j’ai déjà réalisé ce tableau et je peux affirmer son efficacité. Il se composait de quatre lignes pour chaque chapitre : la première pour indiquer la partie du roman, la deuxième pour le numéro du chapitre, la troisième pour son titre et la quatrième pour les remarques de mes bêtas lectrices ou les choses que je veux modifier ou planifier.

En deux jours, il m’a permis de trouver une nouvelle fin à mon roman et de me débloquer totalement l’esprit. Et la semaine dernière, ce simple tableau m’a offert une autre révélation. Si la trame de mon histoire reste bonne, j’ai envie de la raconter avec des points de vue multiples et pas seulement par les yeux de mon héros.

Qu’est-ce que je veux avoir entrepris avant la fin de l’année ?

Avant la fin de l’année, je veux avoir terminé cette réécriture et que mes bêtas lectrices aient eu le temps de lire mon roman dans sa globalité pour m’aider à l’améliorer. Mon objectif pour 2021 doit être l’édition du tome 1 et l’écriture du tome 2.

Qu’est-ce que je souhaite changer ?

Il se trouve qu’en ce début septembre, je reprends les cours et entre en alternance pour mon master en marketing. Cela va déjà apporter pas mal de changement. Mais ce qui est sûr, c’est que je veux me réserver au moins dix minutes par jour entièrement consacrée à l’écriture. Ces dix minutes se transformeront peut-être en heures et ce sera merveilleux, mais je veux y aller doucement avec moi-même.

Qu’est-ce que je désire garder ?

Malgré ce que je vous ai dit au début de ce podcast sur ma fatigue, je souhaite continuer de gérer mes réseaux sociaux d’écriture, que ce soit InstagramYouTube, mais aussi reprendre les podcasts  Pourquoi ? Parce que ça me fait aussi du bien, que cela me nourrit en bien des façons et aussi parce que vous me faites confiance et que ça n’a pas de prix. Cependant, je suis bien décidée à fonctionner de manière organisée. Prévoir toutes mes publications Instagram avec un ou deux mois d’avance, avoir tous mes podcasts d’écrits et de tournés pour les mois à venir et préparer mes vidéos avec plus d’efficacité.

Qui ai-je envie de devenir ?

Une autrice, ça c’est certain. Mais aussi une entrepreneure qui n’a pas peur d’aller au bout de ses idées. C’est pourquoi il faut que je persévère dans mes projets encore secrets.

Voilà, il se trouve que ces questions clarifient déjà pas mal de zones d’ombre et me permettent de voir ce mur avec plus d’objectivité. Sachez une chose. La page blanche, ce n’est pas grave. Ça ne veut pas dire que vous n’êtes pas bon ou pas fait pour écrire. Nous sommes humains. Nous avons nos sensibilités, nos faiblesses, nos doutes, nos moments où on se sent invincibles et ceux où on aimerait simplement attendre près de nos murs pour ne pas souffrir. Parfois, il nous faut du temps pour nous y remettre, parfois la présence d’un être cher qui nous rassure, et de temps en temps, il suffit simplement de se poser les bonnes questions au bon moment et de prendre du recul.

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